Nouveaux revers juridiques pour Dieudonné

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NOUVEAUX REVERS JURIDIQUES POUR DIEUDONNÉ
NOUVEAUX REVERS JURIDIQUES POUR DIEUDONNÉ

PARIS (Reuters) - Dieudonné a perdu vendredi une nouvelle manche juridique avec la confirmation par le Conseil d'Etat de l'interdiction de son spectacle "Le Mur" prévu à Tours, au lendemain de celui de Nantes, première étape d'une tournée en France.

Contrairement à la veille, où le tribunal administratif de Nantes lui avait donné raison, celui d'Orléans a confirmé l'interdiction et ce sont les avocats de l'humoriste qui ont saisi, sans succès, la plus haute juridiction administrative.

Sans surprise, le Conseil d'Etat ne s'est pas déjugé mais les avocats de Dieudonné entendent revenir à la charge samedi pour trancher la tenue d'une troisième représentation prévue à Orléans (Loiret).

"Un élément qui m'a frappé durant cette audience, c'est qu'on atteint le ridicule puisqu'on est obligé de juger au Conseil d'Etat, la juridiction la plus prestigieuse de la France, de ce qui est drôle et de ce qui n'est pas drôle", a déclaré à la presse l'un des défenseurs, Me Sanjay Mirabeau.

Le préfet de police de Paris a par ailleurs engagé une procédure en vue d'interdire le spectacle "Le Mur" au théâtre parisien de La Main d'or où une cinquantaine de représentations sont programmées d'ici à juin. L'humoriste et ses producteurs ont quarante-huit heures pour faire valoir leurs arguments.

Le maire socialiste de Tours, Jean Germain, s'est félicité de la confirmation de son arrêté, estimant que chaque élu devait se prononcer en conscience. "Chacun doit faire un équilibre entre les grands principes généraux à respecter et la liberté d'expression", a-t-il dit devant la presse.

Le tribunal administratif d'Orléans se prononcera encore samedi à 11h00 sur un troisième spectacle prévu le même jour dans cette ville, le député-maire UMP Serge Grouard ayant interdit la représentation.

Ce feuilleton judiciaire conforte pour l'instant Manuel Valls, dont la stratégie consistant à faire interdire les spectacles au cas par cas par les préfets ou les maires était contestée au sein de la classe politique.

Le ministre de l'Intérieur avait obtenu une première victoire jeudi en privant l'humoriste de scène à Nantes, près de deux heures avant la représentation, et en faisant valider le risque de trouble à l'ordre public par le Conseil d'Etat.

"JUSTICE D'EXCEPTION"

Les décisions du Conseil d'Etat - avec deux juges différents - constituent un revirement de jurisprudence, les tribunaux administratifs ayant, à une quinzaine de reprises ces dernières années, invalidé des arrêtés d'interdiction de spectacles de Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour antisémitisme.

Elles devraient peser sur l'ensemble des procédures mais les avocats du polémiste, qui dénoncent une "justice d'exception", ne désespèrent pas d'obtenir un retournement.

Pourtant, selon l'avocat Patrice Spinosi, spécialiste de ce type de dossiers, "le spectacle 'Le Mur', aujourd'hui, n'est plus susceptible d'être programmé".

"Si M. M'bala M'bala s'engage à faire un autre spectacle dans lequel il n'y aura pas de propos antisémites, dans lequel il n'y aura pas de propos racistes (....) il aura la possibilité de revenir sur scène", a-t-il dit sur BFM TV.

Me Sanjay Mirabeau a effectivement expliqué à Reuters TV que les défenseurs de Dieudonné réfléchissaient à une modification du spectacle.

"Il s'agit de se conformer à ce que réclament l'ordre public et les libertés fondamentales. Si on estime pour le moment qu'il faut éviter certains sujets, pourquoi pas", a-t-il dit.

"Pourquoi ne pas changer de spectacle, changer le titre, changer le contenu, éviter certains sketches, en ajouter d'autres, et pourquoi pas faire un spectacle sur la communauté noire par exemple ?", a-t-il ajouté.

Plusieurs éditorialistes craignent vendredi que la victoire judiciaire de Manuel Valls n'ait pour conséquence de transformer l'humoriste en "martyr".

"Cet homme-là ne méritait que silence et mépris. Il jouit désormais d'une notoriété malsaine dont il va user et abuser auprès de partisans hystérisés", écrit Yves Thréard dans Le Figaro.

Dans Libération, François Sergent estime que les décisions de justice risquent "de faire du sinistre humoriste un martyr de la liberté d'expression aussi vils soient ses propos".

Gérard Bon avec Marion Douet et Pauline Mével, et Mourad Guichard à Orléans, édité par Sophie Louet

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  • mlaure13 le samedi 11 jan 2014 à 18:55

    RE.../...Bon comédien et très bon humoriste, Dieudo, comme bien d’autres avant lui, a pris la grosse tête, et s’est pris les pieds dans le tapis, en franchissant certaines lignes rouges, c’est très regrettable pour lui et son public, et de ce fait, mérite des sanctions. Ceci dit et je le répète, la décision du C E est complètement arbitraire et sera sans doute sanctionnée par l’UE…mais ce ne sera pas pour demain…et en attendant ???...

  • nab1234 le vendredi 10 jan 2014 à 20:31

    copé attention avec tes blague de pains au chocolat. mepris de la dignité humaine et art 1 droit de l'homme .

  • berkowi le vendredi 10 jan 2014 à 17:59

    Ce que ne semble pas comprendre cet avocat ou fait semblant de ne pas comprendre, c'est que si ses blagues sur les noirs sont racistes, elles seront aussi attaquées en justice. Le racisme n'a pas de couleur.