Nouveaux incidents au Haut-Karabakh, plusieurs tués

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 (Actualisé avec nouveau bilan, combats, réaction Arménie et 
représentant du Haut-Karabakh en France) 
    par Nailia Bagirova et Hasmik Mkrtchyan 
    BAKOU/EREVAN, 4 avril (Reuters) - Trois militaires 
azerbaïdjanais et quatre membres des forces séparatistes 
soutenues par l'Arménie ont été tués lundi lors de nouveaux 
incidents dans la région du Haut-Karabakh où la tension demeure 
vive en dépit des appels de la communauté internationale à un 
arrêt immédiat des combats. 
    Les affrontements, qui ont commencé ce week-end dans cette 
zone autonome intégrée à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, 
sont les plus violents depuis la trêve négociée sous l'autorité 
de la Russie en 1994. 
    Les premiers bilans font état de plusieurs dizaines de morts 
et laissent craindre une reprise du conflit pour le contrôle de 
cette république montagneuse de 150.000 habitants, peuplée 
majoritairement d'Arméniens. 
    Les combats, qui ont atteint un pic de violence samedi, 
étaient moins intenses lundi, selon les deux camps mais rien ne 
laisse présager une cessation immédiate des affrontements. 
    Quatre membres des forces séparatistes pro-arméniennes ont 
trouvé la mort lundi, a indiqué à Reuters Hovhannes Guevorkian, 
représentant de la république autonome en France. 
    Selon lui, les troupes azerbaïdjanaises continuent de 
bombarder avec de l'artillerie lourde des villes dans le nord et 
le sud du Haut-Karabakh et les troupes de la région pourraient 
avoir recours à des avions de combat en cas de nouvelles 
attaques adverses, a-t-il ajouté. 
    La France, qui préside avec les Etats-Unis et la Russie le 
groupe de Minsk sur le conflit au Haut-Karabakh, a annoncé 
qu'une réunion des médiateurs aurait lieu mardi à Vienne pour 
prévenir une escalade des violences. 
    Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères 
Jean-Marc Ayrault a précisé s'être entretenu avec son homologue 
arménien et avoir appelé à un cessez-le-feu immédiat. 
    "Nous pensons que les appels (...) à aller vers un 
apaisement ne suffisent plus. Il faut d'une manière plus claire 
et précise demander au régime azéri d'arrêter ces attaques 
contre les civils", a ajouté Hovhannes Guevorkian. 
     
    MISE EN GARDE DE L'ARMÉNIE 
    Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a précisé avoir 
stoppé ses opérations offensives tout en accusant les forces 
séparatistes d'"aggraver la situation" en attaquant les 
positions azéries et en bombardant des installations voisines. 
    Les insurgés, qui accusent les autorités azerbaïdjanaises 
d'agression, ont annoncé avoir détruit une unité de l'armée 
adverse, information reprise par un porte-parole du ministère 
arménien de la Défense sur sa page Facebook. 
    La zone de contact fortement militarisée entre troupes 
azerbaïdjanaises et forces séparatistes est demeurée 
relativement stable pendant des années. Quelques échanges de 
coups de feu et des victimes occasionnelles étaient signalées de 
loin en loin mais sans que cela remette en cause le statu quo. 
    Les violences enregistrées ce week-end avec le recours à des 
chars, des batteries de missiles, de l'artillerie et des 
hélicoptères, ont marqué une rupture. 
    L'Azerbaïdjan a expliqué avoir pris le contrôle de deux 
villages séparatistes afin de faire cesser des tirs contre ses 
positions militaires. 
    Le président arménien Serj Sargsyan a annoncé que son pays 
reconnaîtrait l'indépendance du Haut-Karabakh si les opérations 
militaires se poursuivaient ou se développaient à une plus 
grande échelle. 
    L'Azerbaïdjan a commis "une provocation sans précédent sur 
toute la longueur de la ligne de contact", a-t-il estimé lors 
d'une réunion d'ambassadeurs de pays membres de l'Organisation 
pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). 
    Selon le représentant du Haut-Karabakh en France, l'Arménie 
n'est pas engagée dans les combats mais "est prête à entrer en 
guerre si la situation se pérennise et si l'Azerbaïdjan continue 
à généraliser le conflit". 
 
 (Nailai Bagirova et Hasmik Mkrtchyan; Avec John Irish à Paris; 
Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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