Nouveaux heurts lors de manifestations en Tunisie

le , mis à jour à 23:41
0
 (Actualisé, manifestations dans les faubourgs de Tunis, §5) 
    KASSERINE, Tunisie, 21 janvier (Reuters) - La police 
tunisienne a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser 
plusieurs centaines de manifestants qui voulaient s'en prendre à 
des bâtiments gouvernementaux dans plusieurs villes du pays 
jeudi, au troisième jour de protestations pour dénoncer le 
chômage. 
    Plusieurs milliers de jeunes Tunisiens ont manifesté devant 
les bureaux de la préfecture à Kasserine, ville défavorisée du 
centre du pays où le mouvement de protestation a débuté après le 
suicide d'un homme qui se serait vu refuser un emploi dans la 
fonction publique. 
    Les forces de l'ordre sont également intervenues dans les 
villes de Jamdouba, Beja et Skira, ainsi qu'à Sidi Bouzid où les 
protestataires scandaient "du travail ou une autre révolution", 
selon des témoins et les médias locaux. 
    A Guebeli, dans le sud du pays, un poste de police a été 
incendié et à Kef, dans le Nord-Ouest, les policiers ont dû 
abandonner sous la pression des manifestants le bâtiment où ils 
se trouvaient, a rapporté le ministère de l'Intérieur. 
    Dans la soirée, les manifestations se sont étendues à la 
capitale Tunis. Un petit poste de police a été incendié dans le 
quartier défavorisé de Cité El Intilaka. A Cité Ettadhamen, des 
rues ont été barrées par des pneus enflammés, a rapporté un 
témoin. 
    Un policier a été tué mercredi après avoir été attaqué par 
des manifestants à Feriana, au sud de Kasserine, a annoncé le 
ministère de l'Intérieur. 
    Le Premier ministre Habib Essid a décidé d'écourter son 
séjour au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, ont 
annoncé ses services. Il réunira un conseil des ministres avant 
de se rendre samedi à Kasserine. 
    Le gouvernement du président Béji Caïd Essebsi a annoncé 
mercredi qu'il allait embaucher plus de 6.000 jeunes 
actuellement au chômage à Kasserine et lancer des projets de 
construction. Jeudi, des centaines de personnes se sont 
présentées pour trouver du travail dans cette localité où la 
tension reste forte. 
    "Je suis sans travail depuis 13 ans et je suis un technicien 
qualifié. On ne demande pas la charité mais seulement un droit 
au travail", a déclaré Mohamed Mdini, un des manifestants de 
Kasserine alors que la foule chantait "Travail, liberté, 
dignité". 
    La "révolution de jasmin", qui a donné le coup d'envoi du 
printemps arabe, était partie des émeutes ayant suivi la mort, 
le 4 janvier 2011, de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant qui 
s'était immolé par le feu à Sidi Bouzid. 
    Le taux de chômage en Tunisie a atteint 15,3% de la 
population active à la fin 2015, contre 12% en 2010. Les 
attentats islamistes qui ont frappé le pays l'an dernier ont 
pesé sur l'économie, en particulier sur le secteur touristique. 
 
 (Tarek Amara; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant