Nouveaux éléments d'un juge français sur la mort de Daniel Pearl

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Nouveaux éléments d'un juge français sur la mort de Daniel Pearl
Nouveaux éléments d'un juge français sur la mort de Daniel Pearl

PARIS (Reuters) - Un juge parisien a obtenu aux Etats-Unis des éléments laissant penser que les services secret pakistanais pourraient être responsables de l'assassinat en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl, imputé jusqu'ici aux islamistes, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Le juge Marc Trévidic, chargé d'une enquête sur l'attentat dans lequel ont péri en mai 2002 à Karachi 11 Français travaillant à la construction de sous-marins, a ramené d'un déplacement aux Etats-Unis une revendication de l'enlèvement en janvier 2002 de ce journaliste du Wall Street Journal qui allait être décapité le mois suivant.

La revendication parvenue aux autorités américaines qui figure désormais au dossier français demandait la livraison à l'Etat pakistanais d'avions de combat F-16 américains, alors bloquée par un problème juridico-diplomatique.

Selon Le Parisien, le juge Trévidic a par ailleurs fait interroger aux Etats-Unis un islamiste condamné à mort pour ce crime, Ahmed Omar Cheikh, et ce dernier a authentifié la revendication en question. Des livres de journalistes avaient déjà émis l'hypothèse que cet homme soit en réalité un agent des services secrets pakistanais.

Le juge français s'intéresse à cet épisode car il est aussi sur la piste d'une possible action islamiste commanditée par les services secrets pakistanais dans son dossier visant l'attentat anti-français de Karachi.

Les familles des victimes de l'attentat de Karachi devaient être reçues dans la journée de lundi par Marc Trévidic, à Paris, pour information complète sur cet élément nouveau. Me Olivier Morice, leur avocat, a déclaré à Reuters qu'il voyait dans l'affaire Pearl un "parallèle" avec le dossier Karachi, où l'hypothèse de travail serait donc à ses yeux validée.

Des islamistes condamnés à mort initialement pour l'attentat de Karachi ont en effet été blanchis en appel au Pakistan et il est désormais envisagé que l'attentat ait été motivé par un imbroglio sur des paiements de commission en marge du contrat des sous-marins, avec en toile de fond une possible corruption lors de la présidentielle française de 1995.

Les liens entre les services secrets pakistanais et les islamistes sont soupçonnés de longue date, notamment concernant le conflit avec l'Inde dans la province du Cachemire, où les premiers utilisent les seconds.

Ces soupçons sur les services pakistanais ont été relancés lorsqu'il est apparu, lors de l'opération qui a mené à sa mort en mai 2011, que le chef d'Al Qaïda Oussama ben Laden résidait à Abbottabad, "capitale" de l'armée et des services spéciaux du Pakistan.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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