Nouveaux combats signalés dans la capitale du Soudan du Sud

le , mis à jour à 13:48
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 (Actualisé avec réactions Machar §5-6, France §10-12) 
    JUBA, 11 juillet (Reuters) - Des affrontements se sont à 
nouveau produits lundi à Juba, la capitale du Soudan du Sud, en 
dépit de l'appel du Conseil de sécurité de l'Onu demandant au 
président Salva Kiir et au vice-président Riek Machar de mettre 
fin à plusieurs jours de violences. 
    Un journaliste de Reuters a aperçu deux hélicoptères de 
combat tirant en direction de ce qui semble être le quartier 
général politique et militaire de Riek Machar. 
    Des témoins ont signalé la présence de chars dans les rues 
et un responsable onusien a fait état de violentes fusillades 
près de l'antenne locale des Nations unies. 
    Il était impossible de préciser dans l'immédiat qui menait 
ces combats et si un camp prenait l'ascendant sur l'autre. 
    Machar a affirmé sur son compte Twitter que ses partisans 
avaient été bombardés par les forces de Salva Kiir qui, selon 
lui, n'est pas "intéressé à la paix". 
    "J'appelle au calme et à la retenue dans toutes ces 
escarmouches. Je suis en sécurité. Personne ne peut faire usage 
du droit pour destabiliser ce pays", écrit-il encore. 
    Selon une source au ministère sud-soudanais de la Santé, 272 
personnes - dont 33 civils - ont été tuées dans les heurts qui 
ont repris jeudi entre les partisans de Salva Kiir et ceux de 
Riek Machar, chef rebelle impliqué dans une guerre civile qui a 
duré deux ans. 
    "Nous appelons à une fin de ces hostilités et nous espérons 
qu'ils (les dirigeants politiques) vont revenir à l'application 
de toutes les dispositions de l'accord de paix", a déclaré 
Shantal Persaud, porte-parole de la Mission de l'Onu au Soudan 
du Sud (UNMISS). 
    Des fusillades se sont produites à proximité des locaux de 
l'Onu dans le quartier de Jebel à Juba ainsi qu'autour d'une 
base onusienne proche de l'aéroport qui a déjà été touchée 
dimanche par des tirs d'armes lourdes. Un casque bleu chinois a 
été tué. 
    A Paris, le ministère des Affaires étrangères a exprimé 
l'extrême préoccupation de la France face à cette reprise des 
violences qui "n'est pas acceptable", a dit le porte-parole du 
Quai d'Orsay. 
    "Comme le Conseil de sécurité des Nations unies l'a rappelé 
hier (dimanche), de nouvelles sanctions pourront être décidées 
contre ceux qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité du 
pays", ajoute le ministère français des Affaires étrangères. 
    Un cellule travaillant en collaboration étroite avec 
l'ambassade de France à Juba a été ouverte afin notamment de 
faciliter, en concertation avec d'autres pays européens, le 
départ des ressortissants français qui le souhaiteraient. 
    Le conflit, alimenté par les tensions entre Nuers et Dinkas, 
ethnies respectives de Riek Machar et de Salva Kiir, a éclaté en 
décembre 2013 quand le second a limogé le premier. Il a fait 
plusieurs milliers de morts et deux millions de déplacés. 
    Réuni en urgence dimanche, le Conseil de sécurité de l'Onu a 
appelé les deux dirigeants "à faire tout leur possible pour 
contrôler leurs forces respectives, mettre fin d'urgence aux 
combats et prévenir la propagation de la violence". 
     
 
 (Denis Dumo avec Marine Pennetier à Paris; Pierre Sérisier pour 
le service français) 
 
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