Nouveaux combats à Ersal, violences à Tripoli, au Liban

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BEYROUTH, 5 août (Reuters) - Deux militaires libanais sont morts dans la nuit de lundi à mardi dans les combats contre des activistes islamistes à Ersal, près de la frontière avec la Syrie, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité. Cette bataille à Ersal, dans le nord de la plaine de la Bekaa, a en outre déclenché de nouvelles violences à Tripoli, où une fillette de huit ans est morte après avoir été atteinte d'une balle dans la tête. Débutés samedi après l'arrestation d'un chef islamiste, les combats se poursuivaient mardi matin à Ersal, l'armée essayant de reprendre des bâtiments officiels tombés aux mains des islamistes, rapporte l'Agence nationale de l'Information (ANI) du Liban. L'armée, qui a perdu 16 soldats depuis samedi, dit se battre contre des combattants du Front al Nosra, la branche d'Al Qaïda en Syrie, et de l'Etat islamique (EI), qui s'est emparé de larges pans de territoires en Syrie et en Irak. Il s'agit des plus graves violences au Liban liées au conflit en Syrie voisine depuis le début en mars 2011 du soulèvement contre le président syrien Bachar al Assad. Des témoins et des médecins présents à Ersal rapportent que ces combats ont fortement endommagé les camps abritant des réfugiés syriens, dont le nombre est estimé à plusieurs dizaines de milliers dans la ville et ses environs. Une délégation de dignitaires sunnites s'est rendue lundi à Ersal pour tenter de conclure un cessez-le-feu entre l'armée et les islamistes mais plusieurs de ces dignitaires ont été blessés. Cette nouvelle a déclenché des violences lundi soir à Tripoli, ville portuaire du nord du Liban théâtre d'accrochages fréquents entre sunnites et alaouites depuis le début de la crise en Syrie. Des coups de feu ont été tirés durant la nuit contre plusieurs positions de l'armée et une fillette de huit ans a été tuée d'une balle dans la tête, rapporte l'ANI. Mardi, des hommes bloquaient plusieurs artères de Tripoli, où la plupart des commerces étaient fermés et de nombreuses rues désertes. Un autocar transportant des soldats a subi des tirs et au moins six militaires ont été blessés, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité. Le conflit en Syrie oppose des rebelles essentiellement sunnites et un régime dominé par les alaouites, une branche du chiisme. Cette situation pèse sur les relations entre les différentes communautés du Liban. (Alexander Dziadosz; Bertrand Boucey pour le service français)

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