Nouveaux bombardements sur Alep-Est, au moins 25 morts

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    BEYROUTH, 17 novembre (Reuters) - Des bombardements aériens 
et des tirs d'artillerie ont fait au moins 25 morts dans l'est 
d'Alep jeudi, au troisième jour de la reprise des attaques 
contre cette partie de la grande ville du nord de la Syrie tenue 
par les insurgés. 
    Le conseil municipal qui dirige la partie orientale, 
assiégée depuis l'été par les forces gouvernementales, a signalé 
de graves pénuries de carburant et de nourriture à l'approche de 
l'hiver. 
    Après plusieurs semaines d'un calme relatif, les attaques 
ont repris mardi, semblant marquer la fin d'une pause annoncée 
le 18 octobre par la Russie, qui soutient militairement le 
régime du président Bachar al Assad.  
    Moscou toutefois affirme ne pas bombarder Alep mais des 
cibles ailleurs en Syrie.  
    Selon le ministère russe de la Défense, la Russie a lancé 
pour la première fois des attaques en recourant à la fois à ses 
avions de combat opérant de bases en Russie - des Tu-95M qui ont 
tiré des missiles de croisière - et en Syrie et à son 
porte-avions.  
    Un groupe aéronaval composé du porte-avions 
Amiral-Kouznetsov, d'un croiseur à propulsion nucléaire, de deux 
navires anti-sous-marins et de quatre bâtiments de soutien est 
arrivé au large des côtes syriennes début novembre.  
    Depuis le début de la semaine et jusqu'à mercredi inclus, 
les services de santé d'Alep-Est ont dénombré 45 morts et 363 
blessés. 
    Les Nations unies disent qu'environ 250.000 civils se 
trouvent dans Alep-Est et qu'en raison de l'impossibilité 
actuelle d'acheminer de l'aide, la situation sur le plan 
humanitaire se dégrade de jour en jour. 
     
    15% DES BESOINS 
    Nourriture, essence et médicaments commencent à manquer dans 
cette partie de la ville assiégée de fait depuis juillet. 
    "On arrive tout juste à maintenir les boulangeries ouvertes 
pour donner un peu de pain aux gens. Mais ils n'ont que 15% 
environ de ce dont ils auraient besoin", dit Brita Hagi Hassan, 
président du conseil municipal de la partie d'Alep aux mains de 
l'opposition. Lui-même vit hors de la zone et ne peut pas y 
retourner à cause du siège. 
    L'ONG Oxfam dit avoir installé un gros générateur pour 
alimenter en électricité la station de distribution d'eau de 
Souleiman al Halabi, située sur la ligne de front entre les 
secteurs oriental et occidental de la ville. 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui suit 
quotidiennement le conflit en s'appuyant sur un réseau 
d'informateurs, a déclaré que les bombardements effectués par 
des hélicoptères et des avions avaient fait de gros dégâts. Des 
frappes ont également touché des secteurs sous contrôle rebelle 
dans l'ouest et le sud d'Alep.  
    Un haut responsable de l'alliance militaire pro-Assad a 
déclaré la semaine dernière à Reuters que l'objectif était de 
reprendre la ville avant l'investiture de Donald Trump à la 
présidence des Etats-Unis le 20 janvier prochain.  
    L'élection surprise du milliardaire a fait naître l'espoir, 
à Damas et Moscou, que les Etats-Unis, qui soutiennent la 
rébellion, changent de politique en Syrie.  
    Le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov a 
déclaré jeudi que le Kremlin avait noué des contacts à propos de 
la situation en Syrie avec l'équipe de transition mise en place 
par Donald Trump.   
 
 (Lisa Barrington, Gilles Trequesser et Jean-Stéphane Brosse 
pour le service français) 
 
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