Nouveaux affrontements sur le site du futur aéroport de Nantes

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NOUVEAUX AFFRONTEMENTS ENTRE FORCES DE L?ORDRE ET MANIFESTANTS À NOTRE-DAME-DES-LANDES
NOUVEAUX AFFRONTEMENTS ENTRE FORCES DE L?ORDRE ET MANIFESTANTS À NOTRE-DAME-DES-LANDES

NANTES (Reuters) - De nouveaux affrontements ont éclaté samedi à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, entre les forces de l'ordre et les opposants au projet d'aéroport qui suscite un malaise de plus en plus profond chez les élus écologistes alliés au gouvernement.

Des cailloux, bouteilles, fusées de détresse et cocktails Molotov ont été lancés en direction des gendarmes qui ont riposté par des tirs de grenades, lacrymogènes ou assourdissantes.

La préfecture de Loire-Atlantique a signalé deux blessés du côté des opposants et un du côté des gendarmes, transportés à l'hôpital pour des examens, dans cette contestation qui ne cesse de grandir sur le terrain depuis un mois.

Huit personnes ont été interpellées, principalement pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Après une grande opération d'expulsion menée sur trois sites vendredi, les gendarmes mobiles ont pour mission de sécuriser l'intervention des entreprises mobilisées pour la destruction de maisons et cabanes en bois dans laquelle les opposants les plus radicaux sont installés depuis des mois.

"L'objectif de l'action en cours est d'éliminer toutes les constructions reconnues illégales à ce jour pour empêcher le camp de prendre des proportions inadmissibles", précise la préfecture de Loire-Atlantique, qui évalue le nombre d'opposants sur place à "500, dont 150 très agressifs".

Les opposants au projet -des agriculteurs, des activistes, des élus ou de simples citoyens- réfutent tout problème de saturation ou de sécurité de l'aéroport actuel.

Ils dénoncent la destruction d'une des dernières zones de biodiversité exceptionnelle du département. Leur manifestation, il y a une semaine à Notre-Dame-des-Landes, a rassemblé entre 13.500 personnes, selon la préfecture, et 40.000 selon leurs chiffres.

"Le débat public a déjà eu lieu, entre 2002 et 2003 pendant cinq mois. Il y a eu 16 réunions publiques, qui ont rassemblé 7.500 personnes", a déclaré Christian de Lavernée, préfet de la région Pays de la Loire.

"ARCHAÏQUE" POUR COHN-BENDIT

Mais le gouvernement a affiché samedi sa détermination à mener à bien un projet porté par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes.

Les ministres de l'Ecologie, des Transports et de l'Agriculture, Delphine Batho, Frédéric Cuvillier et Stéphane Le Foll, ont confirmé dans un communiqué la "nécessité de poursuivre le déroulement du projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique, porté par deux régions, sept départements et les intercommunalités de Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et La Baule".

Le gouvernement réitère les engagements pris pour respecter la biodiversité et la préservation des terres agricoles.

Les ministres soulignent par exemple que les 250 hectares qui seront "artificialisés" seront compensés par la mise à disposition de friches agricoles disponibles.

Sur le plan politique, les écologistes critiquent de plus en plus un dossier qui devient brûlant pour la majorité.

L'envoi d'un demi-millier de gendarmes pour empêcher les opposants d'occuper le site est "une façon de gouverner complètement archaïque", estime dans Libération de samedi le cofondateur d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Daniel Cohn-Bendit.

Pour lui, "la manière dont cela se passe à Notre-Dame-des-Landes rend de plus en plus difficile le maintien des écologistes au gouvernement", où le PS croit "que l'on peut piétiner et les écologistes et les enjeux écologistes".

EELV avait déjà déploré vendredi l'ampleur de l'intervention des forces de l'ordre "face à quelques centaines de militants et d'agriculteurs", critiquant "une conception pour le moins étonnante de la 'force du droit' où il y a plus de force que de droit".

Selon la préfecture, les expulsions des squatteurs se justifient par l'imminence des travaux préparatoires à la future desserte routière de l'aéroport, qui doivent démarrer en janvier prochain. Ceux de l'aéroport à proprement parler doivent débuter en 2014, pour une mise en service en 2017.

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Le projet est porté par l'Etat et soutenu par l'UMP, le Parti communiste et les élus socialistes.

Jérôme Jolivet, avec Yves Clarisse à Paris

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  • nayara10 le samedi 24 nov 2012 à 17:46

    @nono67 .D'une faon détournée ce sont nos impôt$ ou futures impôts.les Bretons ne sont pas des vérus...Ils sont chez eux ....Ce gouvernement montre bien maintenant sa face cachée ,et sa Aine pour ceux qui ne mangent pas dans leurs mains...

  • nono67 le samedi 24 nov 2012 à 17:05

    et combien vinci reverse aux élus ump/ps/pc . l'article ' in,formatif ' de l'afp ne dit rien à ce sujet ??