Nouveau recul en vue des flux de capitaux vers les émergents-IIF

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LONDRES, 15 janvier (Reuters) - Les flux de capitaux en direction des pays émergents diminueront pour la deuxième année consécutive en 2015 en raison notamment des anticipations de hausse de taux d'intérêt aux Etats-Unis, prévoit l'International Institute of Finance dans un rapport publié jeudi. L'association de grandes banques et institutions financières mondiales prévoit des entrées de capitaux de 1.006 milliards de dollars cette année après 1.100 milliards l'année dernière, un montant déjà en retrait de 250 milliards par rapport au niveau record de l'année 2013. L'essentiel du recul enregistré l'année dernière est imputable à l'effondrement des flux à destination de la Russie du fait du conflit ukrainien et des sanctions occidentales qu'il a provoquées. Il s'explique aussi, selon l'IIF, par les anticipations de remontée des taux d'intérêt aux Etats-Unis. Ces deux facteurs continueront de peser sur les perspectives pour cette année, de même que la persistance du ralentissement économique en Chine, destinataire de la moitié des flux vers les émergents en 2014, souligne le rapport. "Les changements dans les anticipations sur le calendrier et le rythme des hausses des taux de la Fed, de même que l'incertitude sur le marché pétrolier et le risque politique devraient se traduire par des évolutions en dents de scie au cours de l'année à venir", souligne le rapport. L'IIF relève que les investisseurs font de plus en plus la différence entre les économies émergentes en fonction de leurs solidité apparente et ajoute que les investisseurs à long terme, comme les fonds de pension et les fonds souverains, ont été à l'origine de la majeure partie des flux à destination des émergents, gage d'une plus grande stabilité des capitaux. L'IIF anticipe une reprise des flux à destination des émergents en 2016, tablant sur des entrées de 1.200 milliards, à la faveur de l'ajustement des marchés au changement de la politique monétaire américaine, d'une atténuation des tensions liées à l'Ukraine et d'une stabilisation des prix des matières premières. "Les marchés n'ont intégré qu'un durcissement limité de la politique monétaire de la Fed au cours des deux à trois prochaines années et nous envisageons une possibilité significative que la Fed ait besoin de relever ses taux plus rapidement que les marchés ne le croient", prévient toutefois l'IIF. * Le communiqué de presse de l'IIF sur son étude (en anglais) : http://bit.ly/1INKLxJ (Sujata Rao, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

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