Nouveau recul des ventes dans les centres commerciaux

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L'an passé, les ventes y ont reculé de 0,5% sous l'impact de la crise et des ventes en ligne.

Dans le monde des centres commerciaux, habitué à une croissance ininterrompue, la nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre. L'année dernière, les ventes réalisées dans ces gros paquebots ont reculé de 0,5%. «Depuis l'invention du concept il y a quarante ans, c'est seulement le troisième exercice où le secteur enregistre une baisse de chiffre d'affaires», souligne Eric Ranjard, président du CNCC (Conseil national des centres commerciaux). «Le phénomène a déjà été constaté en 1993, en pleine crise, et en 2009, quand les ventes avaient reculé de 2%.»

Symbole de ce ralentissement, le Millénaire, qui a ouvert ses portes en avril 2011 à Paris, a connu des débuts poussifs. Si les consommateurs n'ont pas été au rendez-vous l'année dernière, c'est dû en grande partie à la crise financière. Au premier semestre,où une reprise économique semblait se confirmer, les centres commerciaux enregistraient encore une progression de chiffre d'affaires. En revanche, la seconde partie de l'année, marquée par la crise des dettes souveraines, a vu leurs ventes plonger.

La montée en puissance de l'e-commerce, qui aura représenté 3% du chiffre d'affaires du commerce l'année dernière, a également contribué aux difficultés de ces lieux dédiés à la consom­mation.

L'année qui vient de débuter ne se présente pas sous de meilleurs auspices. «Avec le renchérissement du coût de l'essence, les mesures qui réduisent le pouvoir d'achat comme la TVA sociale et les échéances électorales toujours anxiogènes, il y a de quoi s'inquiéter pour l'avenir», estime Jean-Miche Silberstein, délégué général du CNCC.

Trop de nouveaux projets

Pourtant, les promoteurs immobiliers continuent d'ouvrir de nouvelles unités et d'agrandir les anciennes comme si de rien n'était: l'année dernière, le parc global de 52 millions de m² en centre commercial s'est enrichi de 670.000 m² supplémentaires. Cette année, on attend l'ouverture de 660.000 m². Ainsi, une grosse unité de 52.000 m² installée à Lyon, dans le nouveau quartier Confluence, sera inagurée dans quelques mois.

Les professionnels, eux, préfèrent fustiger l'ouverture «anarchique» de magasins dans les entrées de ville. «Il y a une multiplication des "boîtes" à vendre comme des hard discounters alimentaires, car ils peuvent ouvrir des magasins ne dépassant pas 1000 m² sans autorisation, ce qui n'est pas notre cas», affirme Eric Ranjard.

Reste que tous les centres commerciaux ne payent pas le même tribut à la crise. En 2011, les grandes unités régionales ont plus souffert que celles de centre-ville. De même, ce sont surtout les grandes surfaces spécialisées comme la Fnac qui ont vu leurs ventes dégringoler (- 4,4%). Enfin, les magasins qui vendent des services (agences de voyages, coiffeurs...), comme ceux qui sont spécialistes des produits culturels ont connu un coup d'arrêt spectaculaire, alors que le secteur de la santé-beauté, notamment les parfumeries et les parapharmacies ont connu une croissance de 2,3%.

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  • lau298 le lundi 23 jan 2012 à 10:24

    Nous ferions mieux de construire des logements sur les terrains utilisés et stérilisés !