Nouveau permis de conduire : «Cela ne fera pas baisser la mortalité»

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Nouveau permis de conduire : «Cela ne fera pas baisser la mortalité»
Nouveau permis de conduire : «Cela ne fera pas baisser la mortalité»

Former des conducteurs irréprochables, tel est leitmotiv de Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, qui souligne les limites de la réforme du permis de conduire.

Approuvez-vous cette réforme du permis de conduire ?

CHANTAL PERRICHON. C'est bien de vouloir réduire les délais d'attente, d'éviter aux candidats le bachotage, de concentrer les inspecteurs sur l'épreuve de conduite, mais il ne faut pas en attendre de miracles sur le plan de la sécurité routière.

Pourquoi ?

Décrocher plus rapidement son permis n'est pas un gage de bonnes pratiques. Cela ne veut pas dire qu'on sera un conducteur irréprochable. Il faudra au moins deux ans avant de pouvoir évaluer si les jeunes conducteurs sont plus prudents. Mais j'en doute. En tout cas, ce n'est pas cette réforme qui fera baisser la mortalité. La situation n'est guère brillante, cela fait trente-cinq ans qu'on n'avait pas vu cette mortalité augmenter durant deux années consécutives.

Donc, pour vous, c'est encore une occasion manquée ?

Oui. Si on veut mettre vraiment les jeunes et les autres conducteurs à l'abri des dangers de la route, il n'y a qu'une seule mesure qui vaille : baisser à 80 km/h la vitesse sur toutes les routes à double sens dépourvues d'une barrière de sécurité au milieu. Cela permettrait de sauver 400 vies par an. L'autre mesure forte serait d'interdire les avertisseurs de radars. Il serait aussi grand temps de lancer un vrai plan anti-alcool au volant, en multipliant les contrôles d'alcool au bord de la route. Mais cela suppose de choisir le bon créneau horaire, le bon jour ; bref, cela exige d'importants moyens humains.

Pourquoi un « vrai plan » ?

Aujourd'hui en France, les contrôles d'alcool sont 1 000 fois moins nombreux que les contrôles de vitesse. Or, un tiers des accidents mortels sont dus à l'alcool. Et c'est la première cause de mortalité chez les jeunes. L'an dernier, 28 % des personnes tuées l'ont ...

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