Nouveau "jour de colère" dans les territoires palestiniens

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* Le Quartet appelle au respect du statu quo sur les lieux saints * Le secrétaire d'Etat US John Kerry attendu samedi à Amman (Bilan des victimes actualisé, communiqué du quartet) par Maayan Lubell JERUSALEM, 23 octobre (Reuters) - Des affrontements ont opposé vendredi l'armée israélienne à des manifestants palestiniens en Cisjordanie et à la frontière de la bande de Gaza, où le Fatah et le Hamas avaient appelé à un nouveau "jour de colère" après plus de trois semaines de violences entre les deux communautés. Lors des précédents "jours de colère", les autorités israéliennes avaient restreint l'accès à Al Aksa aux hommes palestiniens de plus de 40 ans mais ces restrictions ont été levées vendredi dans un souci d'apaisement. Les prières de vendredi se sont déroulées dans le calme, a indiqué la police. Mais, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, 45 personnes ont été blessées par des tirs, dont un adolescent de 13 ans gravement près de Ramallah en Cisjordanie et trois photographes près de la frontière de Gaza, indiquent les autorités médicales palestiniennes, Tsahal a dit ne pas être au courant que des journalistes aient été blessés. L'armée israélienne indique que les soldats ont tiré en l'air avant de faire feu sur les instigateurs qui tentaient de faire une brèche dans la barrière de sécurité de Gaza. Une agression a été signalée en début de journée par l'armée en Cisjordanie. Un Palestinien de 16 ans a blessé un soldat à l'arme blanche avant d'être lui-même blessé par balles par d'autres militaires. Une série d'agressions anti-israéliennes et des violences entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes ont fait 50 morts côté palestinien, dont 25 agresseurs, et neuf morts côté israélien depuis le 1er octobre. Un Israélien et un Érythréen ont également été tués après avoir été pris à tort pour des assaillants, alors que la multiplication des attaques au couteau, souvent le fait d'individus agissant de manière isolée, a créé un climat de psychose ces dernières semaines dans l'Etat hébreu. A l'origine de cette révolte, les Palestiniens considèrent que les Israéliens veulent empiéter sur le complexe de la mosquée Al Aksa, dans la vieille ville de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de maintenir l'actuel statu quo qui permet aux juifs de se rendre sur l'esplanade des Mosquées mais leur interdit d'y prier. OEUVRER À L'APAISEMENT Jeudi, à l'issue d'un entretien de quatre heures à Berlin avec Benjamin Netanyahu, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est dit prudemment optimiste sur un apaisement des tensions. ( ID:nL8N12M4QR ) John Kerry est attendu samedi à Amman où il doit voir le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le roi Abdallah de Jordanie, qui est le gardien des sanctuaires musulmans de Jérusalem. Le Quartet des médiateurs sur le Proche-Orient (Onu, Etats-Unis, Union européenne et Russie), s'est réuni vendredi à Vienne et a appelé Israéliens et Palestiniens à oeuvrer à l'apaisement des tensions. Le communiqué publié à l'issue de la rencontre appelle Israël "à travailler avec la Jordanie pour faire respecter le statu quo sur les lieux saints de Jérusalem à la fois en paroles et en actions." Participaient à la réunion John Kerry, son homologue russe Sergueï Lavrov, la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini et le Coordinateur spécial des Nations unies pour le Proche-Orient Nickolaï Mladenov. De source gouvernementale israélienne, on indique que Benjamin Netanyahu a indiqué à John Kerry lors de leur réunion que, pour faire baisser les violences, Mahmoud Abbas et le roi Abdallah devraient publiquement déclarer que le statu quo n'avait pas changé. Un porte-parole de Netanyahu n'a pas confirmé que le Premier ministre ait fait une telle demande. Le groupe israélien de défense des droits de l'homme B'tselem a rendu publiques vendredi des images d'une caméra de surveillance montrant apparemment des soldats israéliens en train de frapper, notamment avec un fusil, un Palestinien à terre le 6 octobre dernier en Cisjordanie, en marge de violentes manifestations. L'armée a dit avoir mené une enquête préliminaire qui a montré que les soldats avaient agi dans le respect des règlements militaires. (Avec Ali Sawafta à Ramallah, Nidal al-Mughrabi à Gaza et Shadia Nasralla à Vienne; Jean-Stéphane Brosse, Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français)

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