Nouveau désaccord entre Peillon et les enseignants

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LA PROPOSITION DE RACCOURCIR LES VACANCES SCOLAIRES D'ÉTÉ FRAÎCHEMENT ACCUEILLIE
LA PROPOSITION DE RACCOURCIR LES VACANCES SCOLAIRES D'ÉTÉ FRAÎCHEMENT ACCUEILLIE

PARIS (Reuters) - La proposition de Vincent Peillon de raccourcir les vacances scolaires d'été de deux mois à six semaines et de les répartir en deux zones géographiques a été fraîchement accueillie par les enseignants en plein débat sur la réforme des rythmes scolaires.

Le ministre de l'Education a déclaré dimanche que six semaines de vacances d'été, "c'est suffisant", mais que cette réforme ne pouvait être envisagée avant 2015.

"Il faut d'abord changer les habitudes de beaucoup de gens, faire travailler plus les professeurs, donc il y aura des questions de moyens", a-t-il expliqué sur BFM TV.

A Matignon, on indique lundi que "comme l'a indiqué Vincent Peillon, cette piste n'est pas à l'ordre du jour. Elle sera peut-être évoquée, mais pas avant 2015".

Les déclarations du ministre de l'Education n'en ont pas moins déchaîné les critiques de l'opposition.

"Vincent Peillon est un récidiviste de la gaffe", a dit sur Canal+ l'ancien ministre UMP de l'Agriculture, Bruno Le Maire

UNE RÉFORME QUI PASSE MAL

Vincent Peillon se heurte depuis plusieurs mois à la communauté enseignante concernant la réforme des rythmes scolaires qui prévoit le retour à la semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2013.

Plusieurs maires de villes socialistes, à l'image de Lyon et de Montpellier, ont annoncé leur intention de reporter cette réforme contestée à la rentrée 2014.

Réagissant aux déclarations de Vincent Peillon sur les vacances scolaires, le secrétaire national du Snuipp, principal syndicat d'enseignants du primaire, a appelé le ministre de l'Education à cesser de faire des "annonces intempestives".

"Il embrouille tout le monde", a dit Sébastien Sihr dans Le Parisien. "On ne comprend plus rien aux contours de sa réforme. Si on doit modifier le rythme annuel, parlons-en maintenant, parce que cela a une incidence sur tout le reste."

Pour Bernadette Groison, présidente de la FSU, la première fédération de l'éducation, les rythmes scolaires méritent une "réflexion globale" sur le calendrier de l'année scolaire dans son ensemble.

"Là, c'est prendre le problème à l'envers, c'est créer une polémique inutile", a-t-elle dit sur France Info. "On a besoin de sérénité et de concertation".

"Si on rallonge de manière importante le temps d'enseignement, il faudra pouvoir dire aux enseignants qu'il va y avoir des contreparties, vous comprenez bien qu'aucun salarié ne va accepter que l'on modifie son temps de travail sans qu'on regarde ses conditions de travail", a-t-elle ajouté.

PISTE DE RÉFLEXION

Dans la majorité, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a souligné sur RTL qu'il ne s'agissait que d'une "piste de réflexion, il n'y a aucune réflexion dans ce domaine".

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est montré plus positif en estimant sur France Inter qu'il fallait ouvrir le débat sur les vacances scolaires d'été.

Mais "il faut aussi beaucoup de considération à l'égard des enseignants (...) Il faut saluer leur engagement et leur travail et donc les écouter aussi", a-t-il ajouté.

Autre voix discordante, la FCPE, la principale organisation de parents d'élèves, qui a exprimé lundi sa satisfaction.

"C'est nos demandes", a-t-il dit sur France Info. "Cinq heures de classe par jour à l'école, pas plus de six heures au collège, jamais plus de sept au lycée. Quatre-vingt dix minutes garanties à tous le midi, jamais plus de sept semaines de classe d'affilée, jamais moins de deux semaines de congé et une réduction des vacances d'été, parce que c'est une demande sociale réelle, qui rejoint le besoin pédagogique."

Les professionnels du tourisme ont émis début février le souhait de voir s'étendre la réforme des rythmes scolaires aux vacances, notamment via l'instauration d'un nouveau calendrier.

Ils prônaient notamment le raccourcissement des vacances estivales à six semaines avec la mise en place d'un zonage et le maintien des vacances d'hiver en février et des vacances de printemps en avril.

Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau et Marc Joanny

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  • LeRaleur le lundi 25 fév 2013 à 15:21

    Le mammouth va l'écraser, comme d'hab.