Nouveau couac dans le rapprochement entre Apollo et Cooper

le
0
NOUVEAU REVERS DANS LE RAPPROCHEMENT ENTRE LES FABRICANTS DE PNEUS APOLLO ET COOPER
NOUVEAU REVERS DANS LE RAPPROCHEMENT ENTRE LES FABRICANTS DE PNEUS APOLLO ET COOPER

par Aradhana Aravindan

BOMBAY (Reuters) - Le projet de rapprochement entre le fabricant de pneus indien Apollo Tyres et son concurrent américain Cooper Tire & Rubber a connu un nouveau revers à la suite d'un désaccord entre les deux parties sur le prix de la transaction.

En juin dernier, Apollo avait annoncé qu'il débourserait 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) pour reprendre Cooper Tire, opération qui donnerait naissance au septième fabricant mondial de pneus et serait la deuxième plus importante acquisition jamais réalisée par un groupe indien aux Etats-Unis.

Les tensions entre Apollo et sa cible sont apparues au grand jour vendredi quand Cooper a engagé une action en justice auprès d'un tribunal américain visant à forcer le groupe indien à finaliser son acquisition "dans un horizon de temps raisonnable".

Les deux entreprises, dont le rapprochement est contesté à la fois par les actionnaires d'Apollo et par nombre de salariés de Cooper, ont jusqu'à la fin de l'année pour aplanir leurs différends et procéder à leur rapprochement.

Dans un communiqué publié dimanche, Apollo a souligné qu'il pourrait devoir assumer "d'importants coûts imprévus", dont le total irait "bien au-delà" de ce qui était prévu dans la première mouture de l'accord de rachat de Cooper.

Ces coûts sont liés entre autres aux mouvements de grèves déclenchés par des salariés du groupe aussi bien aux Etats-Unis qu'en Chine.

HAUSSE DE L'ACTION APOLLO

Les ouvriers de Cooper Chengshan Tire Co, coentreprise du groupe américain dans la province orientale du Shandong, sont en grève depuis trois mois et le partenaire chinois Chengshan Group, furieux de ne pas avoir été consulté sur la fusion, a intenté une action en justice pour la faire annuler.

De son côté, une instance d'arbitrage américaine a décrété que Cooper ne pouvait vendre deux de ses usines aux Etats-Unis sans avoir conclu au préalable un accord collectif avec le syndicat United Steelworkers.

"Cooper a dit à Apollo qu'une certaine baisse du prix (d'achat) était justifiée. Le tout maintenant est de déterminer son ampleur", poursuit Apollo.

Le groupe américain a contesté cette affirmation en répliquant qu'il n'avait jamais reconnu qu'une baisse du prix de rachat était légitime.

Selon l'accord annoncé à la fin du printemps, les actionnaires de Cooper recevront 35 dollars pour chaque titre apporté, soit une prime de 43% par rapport à la clôture précédant l'annonce de la fusion le 12 juin.

Ce jour-là, le titre Cooper avait bondi de plus de 41% pour terminer juste en dessous du prix de l'offre, à 34,66 dollars. Mais depuis, au vu des obstacles rencontrés par le projet de fusion, l'action est retombée de 15%, terminant vendredi à 29,51 dollars.

A l'inverse, chaque signe suggérant un échec du rapprochement a un effet positif sur le titre Apollo, qui évoluait en hausse de 4% peu avant la clôture de la Bourse de Bombay.

L'action Apollo reste néanmoins en net repli par rapport au jour de l'annonce du rachat de Cooper, les investisseurs s'inquiétant de l'endettement du groupe indien qui veut avaler une proie quatre fois plus grosse que lui.

Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant