Nouveau chômage record dans la zone euro, l'inflation faible

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CHÔMAGE RECORD ET FAIBLE INFLATION PLOMBENT LA REPRISE DE L'ÉCONOMIE DANS LA ZONE EURO
CHÔMAGE RECORD ET FAIBLE INFLATION PLOMBENT LA REPRISE DE L'ÉCONOMIE DANS LA ZONE EURO

par Robin Emmott et Martin Santa

BRUXELLES (Reuters) - Le taux de chômage a atteint un nouveau record en avril dans la zone euro, où l'inflation reste bien en-deçà de l'objectif retenue par la Banque centrale européenne (BCE), deux données publiées vendredi qui montrent le chemin à parcourir avant que l'on puisse parler de reprise de l'économie.

Le nombre de personnes recensées comme étant sans emploi s'est établi à 12,2% de la population active des 17 pays partageant la monnaie unique, contre 12,1% en mars, soit un pic historique depuis qu'Eurostat a commencé à recueillir ce type de données en 1995.

Alors que la zone euro est plongée dans sa plus longue récession depuis sa création en 1999, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4% en mai sur un an, ce qui constitue une légère augmentation du creux de plus de trois ans de 1,2% touché en avril.

Mais l'inflation reste encore assez loin de ce que prône la BCE en la matière, à savoir une hausse des prix à la consommation légèrement inférieure à 2%.

Cette évolution peut faire redouter le spectre de la déflation, phénomène qui plombe l'économie japonaise depuis deux décennies et dont l'actuel Premier ministre Shinzo Abe veut à tout prix sortir.

Mais, plus grave, la crise de l'emploi est susceptible de mettre à l'épreuve la cohésion sociale de la zone euro.

En France, deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, le chômage a également atteint un record en avril, tandis qu'en Italie, le taux de chômage a atteint son niveau le plus élevé depuis au moins 36 ans, avec 40% des jeunes sans emploi.

Près des deux tiers des jeunes Grecs ne peuvent trouver un emploi et l'Europe du Sud est maintenant confrontée au risque d'une "génération perdue".

PRESSION SUR LA BCE

Ce phénomène est susceptible d'accroître encore la pression sur la BCE pour qu'elle assouplisse encore davantage sa politique monétaire et prenne des dispositions non-conventionnelles comme des mesures d'assouplissement quantitatif, à l'image de la Réserve fédérale qui a injecté depuis la crise financière de 2007-2009 des centaines de milliards de dollars dans l'économie américaine.

Au début du mois, la BCE a réduit ses taux d'intérêt pour la première fois depuis dix mois et s'est engagée à assurer aux banques des liquidités illimitées jusqu'à la mi-2014 tout en promettant de favoriser l'accès des PME au crédit.

La BCE est créditée d'avoir évité un éclatement de la zone euro l'année dernière en mettant en place un programme, non encore utilisé, de rachat d'actifs obligataires de pays ayant sollicité une aide internationale.

Mais Mario Draghi, président de la BCE, semble ne pas vouloir aller plus loin dans cette voie peu orthodoxe, très mal vue en Allemagne, et appelle les Etats à prendre leurs parts de responsabilité dans la remise sur pied de l'économie.

"Nous n'anticipons pas une reprise forte dans la zone euro. Cela met la BCE sous pression pour qu'elle prenne encore davantage de mesures conventionnelles et non conventionnelles", a estimé Nick Matthews, économiste chez Nomura International.

La BCE tient sa réunion de politique monétaire la semaine prochaine. Les économistes interrogés par Reuters sont d'avis que la BCE observera au cours des prochains mois le statu quo en matière de taux, qui sont à un plus bas historique.

Si la zone euro dans son ensemble est en récession, l'Allemagne, première puissance économique de la région y a échappé au premier trimestre.

Ceci étant dit, les ventes au détail ont reculé contre toute attente en avril dans le pays, des données susceptibles de tempérer les espoirs de ceux qui voient la consommation des ménages être le principal moteur de la croissance allemande.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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