Nouveau choc réglementaire pour les banques

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(lerevenu.com) - L'agence Standard & Poor's a abaissé, mercredi, d'un cran la note de Deutsche Bank, Barclays et Credit Suisse, en mettant en avant les risques liés à leurs importantes activités dans la banque d'investissement. La note de la dette à long terme des trois établissements est désormais fixée à «A», dans le bas de la catégorie des investissements considérés comme fiables. Sa perspective d'évolution est «stable», ce qui implique que S&P n'envisage pas de la modifier à court ou moyen terme.

Pour ces trois banques, S&P relève les menaces sur leur modèle économique que font peser la plus stricte régulation de leurs activités, la volatilité des marchés, la stagnation économique en Europe, les contentieux internationaux liés à la crise. Ces menaces croissantes l'emportent sur les efforts faits pour renforcer leurs fonds propres et réduire le montant de leurs actifs à risque.

Néanmoins, ces quatre banques européennes sont les plus menacées par le changement du cadre réglementaire, aux États-Unis comme dans l'Union européenne, a expliqué l'agence de notation. S&P estime aussi que la Deutsche Bank devrait figurer parmi les établissements les plus touchés par les nouvelles règles appliquées par les États-Unis aux banques étrangères et, notamment, par les dispositions envisagées en matière d'effet de levier, qui pénalise les banques très engagées dans les activités liées aux produits dérivés.

Aux États-Unis, la Réserve fédérale a, en effet, annoncé, hier, de nouvelles règles visant à renforcer la solvabilité et la liquidité des banques. Ces nouvelles exigences de couverture des actifs par des ratios accrus de fonds propres entreront en vigueur, en janvier 2014 pour les petites banques et 2015 pour les grandes. Les grandes institutions américaines seront concernées : JPMorgan, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, State Street et Bank of New York Mellon. Mais les grands groupes bancaires européens aussi.

Au grand dam des banquiers français, leurs concurrents américains tardaient à appliquer la norme de solvabilité dite Bâle 3. La Réserve fédérale a expliqué que les banques américaines se plieraient à cette norme, mais que les autorités américaines y ajouteraient un ratio dit de levier renforcé, à communiquer dès janvier 2015, complément de la norme Bâle 3. Ce ratio rapporte aussi les actifs des établissements à leurs fonds propres. Les dirigeants des banque européennes font valoir qu'elles seront pénalisées par ces nouvelles normes américaines, car la comptabilisation des produits dérivés selon les normes européennes, s'avère bien plus stricte qu'aux États-Unis.

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