« Nous profitons de la respiration des marchés pour réduire la part des actions » (La Française GAM)

le , mis à jour à 19:08
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La Française GAM se montre à son tour sceptique sur les perspectives des marchés actions à court terme.
La Française GAM se montre à son tour sceptique sur les perspectives des marchés actions à court terme.

Comme de nombreuses autres sociétés de gestion, La Française GAM annonce qu’elle réduit son exposition aux marchés actions suite à leur récent rebond et aux perspectives « toujours ternes » de l’économie mondiale.

Les incertitudes demeurent mais les indices boursiers restent relativement bien orientés depuis le mois de février, dans le sillon des prix du pétrole et de l’affaiblissement du dollar qui profite au marché américain.

« Côté actions, les indices reviennent dans le vert aux Etats-Unis depuis le début de l’année, avec plus de 7% de rebond sur le mois [de mars], tandis que l’Europe (+1,50% le mois dernier et -7% depuis le début de l’année) reste nettement à la traîne » rappelle La Française AM dans sa lettre mensuelle du mois d’avril.

Europe : « un point haut semble passé »

Malgré ce rebond des cours de Bourse, La Française AM observe « toujours beaucoup d’hétérogénéité au niveau sectoriel en Europe, les banques restant à l’écart du rebond en raison de l’aplatissement de la courbe des taux, peu propice à l’amélioration de leur rentabilité ». A contrario, les valeurs cycliques (industrie notamment) ont surperformé après un début d’année catastrophique.

La société de gestion se montre plutôt déçue vis-à-vis des derniers indicateurs économiques publiés en zone euro, qui se sont en partie tassés après une embellie en 2015.

« Les indicateurs de la zone euro sont ambigus. L’indice de la production industrielle de janvier a nettement augmenté ainsi que le volume des ventes au détail. Mais les indices du climat des affaires restent stationnaires. Un point haut semble même passé pour le commerce de détail et la confiance des consommateurs. La zone euro est en croissance modeste et sans grand dynamisme. Les effets favorables de la baisse du pétrole n’ont pas entraîné pour l’instant de reprise de l’investissement productif, condition nécessaire pour une accélération de la reprise ».

L’économie américaine « plafonne »

La Française GAM insiste par ailleurs sur le fait que, « Les anticipations de croissance des entreprises ont encore été revues à la baisse et s’affichent désormais en territoire à peine positif de part et d’autre de l’Atlantique. La saison des bénéfices Q1 2016 des entreprises américaines s’ouvre… avec des marges en décélération ».

Les indicateurs américains, malgré leur récente amélioration, laissent en effet quelques doutes : « Pour l’instant, après le tassement intervenu à l’automne dernier, les indicateurs de conjoncture ne traduisent pas d’augmentation du rythme de l’activité mondiale. Aux Etats-Unis, les commandes nouvelles restent mal orientées. Les moteurs comme les ventes au détail ou le secteur du logement, qui avaient joué positivement, plafonnent depuis quelques mois. Les profits (en termes de comptabilité nationale) sont stationnaires. Ils ont même reculé récemment en raison de la baisse des prix à la production. Enfin, le rythme de l’investissement productif continue de se tasser et approche de la stagnation ».

En somme, « La situation américaine suggère plutôt la fin d’un cycle d’expansion sans vigueur plutôt qu’une reprise en marche » affirme la société de gestion.

Prises de bénéfices sur les actions

Face à ce tableau plutôt sombre de l’économie mondiale, la société de gestion affiche son choix de prendre des bénéfices sur les marchés actions.

« L’embellie récente tient peu à l’amélioration des fondamentaux. L’action des banques centrales continue à faire débat, et le risque de chocs externes sur une conjoncture mondiale terne demeure. En conséquence, nous profitons de la respiration des marchés pour réduire la part des actions dont le couple performance/risque nous apparait peu attractif. Nous maintenons notre préférence pour l’Europe et les Emergents en actions. Nous relevons en contrepartie la part du risque obligataire, au travers d’un renforcement de l’allocation crédit et de la dette émergente ».

L’analyse de La Française AM rejoint les points de vue de nombreuses autres sociétés de gestion qui affichent depuis quelques semaines leur prudence face à la conjoncture des marchés à court terme.

Les sociétés de gestion affichent de plus en plus leur prudence

Depuis le 20 mars environ, beaucoup de notes de marché mentionnent en effet des prises de bénéfices à court terme pour se prémunir d’une éventuelle rechute des marchés.

Tel est ainsi le cas d’Axa IM (« Après la remontée des actions, nous réduisons leur allocation »), JP Morgan AM (JP Morgan AM reste mitigée sur les actions après leur récent rebond), SwissLife AM (« Nous tablons sur une correction des marchés d'actions »), Sycomore AM qui reste opportuniste tout en allégeant son exposition globale aux actions (« Sans être ultra-bull, nous pensons qu'il y a toujours des cartes à jouer ») et bien sûr Carmignac qui s’illustre régulièrement par ses déclarations méfiantes vis-à-vis des marchés (« Les relances monétaires seront des "échecs inéluctables" »).

Aucune nouvelle alerte récente n’a pourtant provoqué de rechute significative des marchés depuis la mi-février. De nombreux gérants redoutent néanmoins un retour de la volatilité dans les mois à venir, et surtout des pics de stress en cas de rechute des prix du pétrole, de mauvaises statistiques chinoises ou de mauvais résultats d’entreprises américaines.

Les sociétés de gestion communiquant  à l’heure actuelle sur des stratégies plus offensives se font donc plus rares mais n’ont pas disparu pour autant. On trouve parmi elles Pictet AM (« Nous revenons vers les émergents »), Neuflize OBC (Neuflize OBC ajoute deux valeurs du CAC40 à ses choix d'investissements) ou encore Amaïka AM (Le plan de la BCE « devrait profiter aux entreprises fortement endettées »).

Cette divergence entre les différentes opinions vient confirmer le manque de vision claire qu’offrent les marchés actions à l’heure actuelle, qui restent toujours rentables dans une optique de long terme grâce aux dividendes attractifs, mais laissent sceptiques en ce qui concerne l’intégration dans les cours des perspectives économiques plutôt mitigées.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • monjohn il y a 8 mois

    Je suis zen! Fini la ,bourse, je prête àux pme, ça raporte entre 8.5 et12%. Qui dit mieux?

  • paspil il y a 8 mois

    les benefices baissent aux USA depuis 3 trimestres ... c 'est pas bon signe ...

  • mlemonn4 il y a 8 mois

    C'est à 5300 qu'il fallait prendre sa respiration pour réduire la part des actions; à 4300, certes c'est toujours possible mais beaucoup de plus value sont disparu! Mais à 4300, nous irons bientot revoir les 3500 voir peut etre plus bas !

  • MANOLO08 il y a 8 mois

    Quand des Asset Managers avec le track record aussi pitoyable qu'eux deviennent baissiers, c'est à ce moment qu'il faut reprendre du risque. Aucune recherche digne de ce nom, des fees injustifiables. Le moutonnier de la gestion.

  • jmlhomme il y a 8 mois

    Et que propose t il donc pour regler le probleme de leur engagements sur un marché obligataire sécurisé à taux négatifs. Leur démission ? La bulle Immobilière ? D'investir sur le Pétrole ou les minières ? Ils sont inconséquents. Seules les grandes entreprises internationales et leaders peuvent justifier des rendements sérieux, en tous cas positifs. Moins ils interviennent plus la bourse sera rentable. Ce sont en fait des parasites

  • ericlyon il y a 8 mois

    c'est sûr ils ont bien rebondi, presque -20% en 1 an !