Nous ne voulons pas confisquer le pétrole de l'Irak, dit Mattis

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 (Actualisé avec déclarations de Mattis et de Sadr) 
    par Phil Stewart 
    BAGDAD, 20 février (Reuters) - L'armée américaine n'est "pas 
en Irak pour confisquer le pétrole d'autrui", a déclaré le 
secrétaire américain à la Défense James Mattis, prenant ses 
distances par rapport à des propos tenus par Donald Trump à ce 
sujet. 
    Le chef du Pentagone est le plus haut responsable de la 
nouvelle administration américaine à se rendre en Irak depuis 
que Donald Trump a irrité les Irakiens en promulguant un décret 
- suspendu par la justice américaine - censé interdire 
provisoirement aux ressortissants de sept pays, dont l'Irak, de 
se rendre aux Etats-Unis.  
    Le président américain a également froissé Bagdad en 
estimant que les Etats-Unis auraient dû s'emparer du pétrole 
irakien après avoir renversé Saddam Hussein en 2003. 
    "Nous aurions dû garder le pétrole. Mais bon, peut-être 
aurez-vous une nouvelle occasion de le faire", a dit Donald 
Trump en janvier à des responsables de la CIA. 
    James Mattis a écarté clairement toute intention de ce 
genre. "Nous ne sommes pas en Irak pour confisquer le pétrole 
d'autrui", a-t-il dit avant même son arrivée en Irak, dimanche 
soir, à des journalistes qui l'accompagnaient dans son 
déplacement. 
    "Tout le monde, en Amérique, paie son gaz et son pétrole, et 
je suis certain que nous continuerons de le faire à l'avenir", a 
dit James Mattis, ancien général du corps des "Marines", qui a 
naguère commandé les forces en Irak. 
    Ses dernières déclarations illustrent les divergences qu'il 
a sur certains dossiers avec Donald Trump, lequel reconnaît par 
exemple que son secrétaire à la Défense n'est pas d'accord avec 
lui sur l'opportunité de recourir à la torture lors 
d'interrogatoires. 
    James Mattis se montre plus critique que Donald Trump envers 
le président russe Vladimir Poutine, et il a déclaré ne pas 
avoir de problèmes avec la presse, en qui le nouveau président 
dit voir "l'ennemi du peuple américain". 
    Le secrétaire américain à la Défense, qui a été reçu par les 
dirigeants irakiens, a entamé sa visite à Bagdad, lundi, au 
lendemain de la reprise de l'offensive de Mossoul, dernier grand 
fief urbain des djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak, 
menée avec l'appui de la coalition internationale sous 
commandement américain. 
     
    SADR RÉCLAME LE RETRAIT DES AMERICAINS 
    Après la partie orientale, reconquise en 100 jours, les 
forces pro-gouvernementales irakiennes appuyées par la coalition 
internationale sous commandement américain sont passées dimanche 
à l'assaut de la moitié ouest.   
    Trump a fait de la lutte contre l'EI l'une des priorités de 
son mandat et son secrétaire à la Défense pourrait décider 
d'accroître les effectifs américains en Irak et en Syrie, qui 
sont actuellement de moins de 6.000 hommes. D'autres options, 
telles que l'envoi d'hélicoptères de combat ou de pièces 
d'artillerie en plus grand nombre, sont également à l'étude.  
    L'état-major américain souhaite en outre obtenir davantage 
d'autonomie dans le processus de décisions de façon à adapter 
plus rapidement les choix tactiques.   
    Sur le front diplomatique, James Mattis a déclaré le mois 
dernier au Sénat américain que l'objectif numéro un des 
Etats-Unis était de faire en sorte que l'Irak "ne devienne pas 
un Etat inféodé au régime de Téhéran". 
    L'influent dignitaire chiite irakien Moktada al Sadr a 
demandé lundi au gouvernement de Bagdad d'ordonner aux 
Américains de retirer leurs forces du pays lorsque la bataille 
de Mossoul aura pris fin. 
    "Le gouvernement irakien doit exiger que toutes les forces 
d'occupation et forces dites amies quittent l'Irak, afin de 
préserver le prestige et la souveraineté de l'Etat", a dit le 
religieux chiite. James Mattis n'a pas tenu à commenter 
directement les propos de Sadr, se bornant à dire que c'était là 
une question de politique intérieure irakienne. 
 
 (Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français) 
 
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