" Nous alignons à présent une équipe long-only beta et une équipe long/short alpha"

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(NEWSManagers.com) - Entretien de Christophe Morel, reponsable de l'équipe Tactical Asset Allocation, Lombard Odier Investment Managers


Comme celle de toutes les maisons, la gestion d'actifs de Lombard Odier n'a pu être entièrement à la hauteur des attentes de ses clients pendant la secousse sismique qui a désorienté les marchés financiers. Mais, apparemment, la maison genevoise a su tirer les enseignements de cette expérience, surtout en adaptant son approche tactique.

Newsmanagers : La crise a-t-elle modifié votre modus operandi ?

Christophe Morel : Nous avons complètement revu notre copie. Nous avons pris les mesures qu'il fallait pour rebondir, et d'ailleurs cela commence à se traduire par des rentrées.

De fait, nous intégrons désormais l'hypothèse selon laquelle des crises majeures peuvent parfaitement se produire à nouveau. Nos clients nous demandent d'ailleurs d'en tenir compte. Et l'expérience nous a enseigné que nous ne devons pas nous permettre la moindre complaisance à l'égard de nos erreurs éventuelles.

NM : Plus concrètement ?

C. M. : Il nous faut d'un côté raisonner en risque et de l'autre créer de la performance. Comme nous avons deux objectifs, nous mettons aussi en ?uvre deux processus de gestion, avec deux équipes distinctes. Sur le plan organisationnel, nous avons l'équipe VDA -pour : Volatility-Driven Allocation-, avec cinq personnes, et l'équipe Tactical Alpha, plus dynamique, avec sept personnes. Au bout du compte, nous avons en quelque sorte d'un côté le " long-only" beta et de l'autre le " long/short" alpha. Pour le Tactical Alpha, nous raisonnons avec un horizon temporel par classe d'actifs.

NM : Cela se retrouve donc sur la politique de gestion du risque ?

C. M. : Notre réflexion consiste à ne pas mélanger les actifs liquides et illiquides. Cela dit, nous budgétons par hypothèse un risque de liquidité avec un draw-down reposant sur des hypothèses prudentes de pertes éventuellement très importantes.
Nous ne prenons plus en compte la volatilité historique sur le long terme, parce que l'environnement se déforme régulièrement. A présent nous utilisons cette volatilité historique sur une durée beaucoup plus courte, en prenant en compte le " bruit" statistique que cela peut occasionner, un bruit que nous essayons de minimiser. Et, de toutes façons, dans notre métier, il n' est pas possible de prévoir les chocs de volatilité?

NM : Quels instruments utilisez-vous ?
C. M. : Chaque sous-portefeuille a sa propre rationalité. Nous nous efforçons d'éviter les mélanges des arguments de décision avec le ratio risque/performance. Et notre processus est devenu beaucoup plus discipliné, avec l'objectif d'éviter les biais de comportement. En tous cas, les options et les futures que nous utilisons sont tous cotés ; ils présentent l'avantage d'être très liquides et peu chers. Nous avons ainsi du levier notionnel, mais nous proscrivons le levier économique. Notre passif est réel, ce sont les souscriptions !

NM : Quel encours gérez-vous ?
C. M. : Nous gérons en allocation tactique environ 5 milliards de francs suisses, surtout pour des investisseurs institutionnels. Cela posé, notre fonds ouvert et coordonné Tactical Alpha (400 millions de dollars hedgés ou 300 millions d'euros) est doté de parts institutionnelles et retail. La répartition est équilibrée entre les parts en dollars en euros et en francs suisses.


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