Notre-Dame-des-Landes: la contestation prend un tour violent

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La contestation d'un futur aéroport, défendu à bout de bras par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a pris un tour violent samedi avec des incidents dans sa ville de Nantes et sur le site du projet.Deux opposants et un gendarmes ont été blessés dans des heurts sur le site du futur aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km au nord de Nantes, a annoncé la préfecture.Le gendarme est victime d'un "trauma sonore", a-t-on indiqué de même source, sans précision sur la gravité des blessures des deux opposants, évacués par les pompiers.Huit personnes ont également été interpellées, au deuxième jour d'une vaste opération d'expulsion des opposants qui occupent le site."Il est hors de question de laisser un kyste s'organiser", avait déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.Ce mot "kyste" a été ressenti comme une "insulte" à Notre-Dame-des-Landes, où des dizaines d'opposants de tous âges ont exprimé samedi leur indignation. Parmi eux, de nombreux quinquagénaires et sexagénaires se tenaient debout, sans cagoule, au milieu des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes."J'ai peur que la haine déborde", a déclaré une opposante, Geneviève Coiffard, jeune retraitée qui se déclare "non-violente". "Ayrault, le peuple aura ta peau"En fin d'après-midi, des incidents ont aussi éclaté dans le centre de Nantes, en marge d'une manifestation de plusieurs milliers d'opposants au projet, dont les travaux de défrichement doivent commencer en 2013.Des policiers anti-émeutes (CRS) ont utilisé des lances à eau devant la préfecture de Nantes, ville dont M. Ayrault a été le maire de 1989 jusqu'à sa nomination à la tête du gouvernement en mai dernier.Certains opposants ont lancé des pierres contre les forces de l'ordre, en criant "Ayrault, salaud, le peuple aura ta peau". Un CRS a été blessé, touché au visage par un pavé, d'après le ministère de l'Intérieur.Dans le cortège, des manifestants ont brandi à l'adresse du président socialiste François Hollande une banderole proclamant: "François, ton électorat, l'aéroport, il n'en veut pas"."On sent bien que la mobilisation gagne en force, on les aura, on est en train de gagner, il est évident que cet aéroport ne se fera pas", a déclaré sur la radio France Info une opposante, évoquant "un gros boulet que portent les décideurs et les politiques".Trois ministres ont confirmé samedi le maintien du projet d'aéroport, qui doit remplacer d'ici 2017 l'actuelle plate-forme de Nantes-Atlantique.Les ministres de l'Environnement, des Transports et de l'Agriculture se sont engagés à ne pas défricher le site de Notre-Dame-des-Landes avant qu'un comité scienfifique ne rende son avis sur la protection de la biodiversité et des zones humides.Le défrichement ne commencera donc pas avant six mois, a assuré l'entourage du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.Cette procédure représente "un signe d'apaisement" d'après le sénateur écologiste EELV Ronan Dantec, un ancien adjoint de M. Ayrault à la mairie de Nantes.La construction et l'exploitation du futur aéroport, qui doit coûter plus de 550 millions d'euros, a été attribuée pour 55 ans au géant français des travaux publics Vinci. L'aéroport doit accueillir 4,5 millions de passagers par an et tous types d'avions, dont, éventuellement, les gros porteurs tels l'Airbus A380.

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