Notre-Dame-des-Landes, base pour toutes les luttes du même type

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NOTRE-DAME-DES-LANDES, BASE POUR TOUTES LES LUTTES DU MÊME TYPE
NOTRE-DAME-DES-LANDES, BASE POUR TOUTES LES LUTTES DU MÊME TYPE

par Guillaume Frouin

NOTRE-DAME-DES-LANDES Loire-Atlantique (Reuters) - Stocks de nourriture, installation dans la durée et stricte organisation : les militants présents sur la "zone à défendre" du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), près de Nantes, se veulent la base logistique des autres luttes du même type, comme contre le barrage de Sivens.

La mort du jeune Rémi Fraisse le week-end dernier sur le site du chantier de cette retenue d'eau située dans le Tarn en raison d'une grenade offensive tirée par un gendarme, a donné son premier "martyr" à la cause de ces militants écologistes radicaux.

Depuis que le gouvernement, après de violents heurts avec les manifestants opposés à la construction du nouvel aéroport de Nantes, a conditionné sa réalisation à l'extinction de tous les recours juridiques, les quelque 150 à 200 "zadistes" des lieux font de réguliers allers-retours vers la région de Sivens.

"La ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui a entraîné la création de 200 comités locaux en France, a beaucoup essaimé dans les esprits", explique un occupant des "Fosses Noires", une ancienne ferme réinvestie par les opposants à l'aéroport.

"Elle a fait travailler des gens ensemble et créé des dynamiques. Des complicités se sont aussi créées ici et permettent de construire plus vite ailleurs", ajoute-t-il en disant s'appeler "Camille", prénom générique livré pour tous les "zadistes" aux journalistes de passage.

Une organisation très sophistiquée s'est mise en place.

Les "zadistes" répartis sur une soixantaine de fermes inoccupées et autres cabanes ont eu le temps d'y cultiver des légumes et des céréales, convoyés vers d'autres zones.

APPROVISIONNEMENT ASSURÉ

Ils s'informent de l'actualité des "luttes" en cours en France et en Europe à travers le "ZAD news", un journal colporté chaque semaine par un de leurs "facteurs", mais aussi "Radio Klaxon", leur radio-pirate qui occupe les ondes des radios autoroutières du groupe Vinci, constructeur de l'aéroport.

Ces derniers mois, certains d'entre eux sont partis apporter un "soutien logistique" aux migrants de Calais ou à leurs homologues opposés à la ferme des "Mille Vaches" en Picardie.

Pour approvisionner leurs "camarades de lutte" ailleurs, les opposants au nouvel aéroport nantais ont fait pousser et récolté 30 tonnes de pommes de terre la saison écoulée, ou encore quatre à cinq tonnes d'oignons. Leurs neuf tonnes de farine de blé leur ont également permis d'assurer leur propre approvisionnement en pain pour les douze mois à venir.

Une partie des marchandises est vendue à "prix libres" sur leur "non-marché" hebdomadaire. Des denrées alimentaires tout juste périmées, récupérées dans les poubelles des supermarchés de la région, y sont aussi écoulées, ce qui a valu une condamnation pour "vol" à l'un des habitués de la ZAD, jeudi dernier, devant le tribunal correctionnel de Nantes.

Les sommes collectées permettent de financer l'opération "Sème ta ZAD", menée conjointement avec les paysans locaux, avec lesquels les zadistes ont singulièrement renforcé leurs liens depuis l'évacuation ratée de la ZAD en novembre 2012.

"Le gouvernement a tenté de diviser les opposants, entre les méchants anarchistes et les gentils paysans, mais ça n'a pas pris", se réjouit un occupant de la "zone d'autonomie définitive" qui espère bien, comme d'autres, rester à Notre-Dame-des-Landes après l'abandon du projet.

"On s'est mis dans une optique que le projet ne se fera pas", confirme ce trentenaire aux longues dreadlocks. "On veut donc à présent construire en dur : cela ne servirait à rien de gagner l'abandon du projet d'aéroport, si c'est pour laisser le terrain libre à Vinci pour qu'il y aménage un parking."

PAS DE "RETOUR A LA NORMALE"

Les zadistes ont pour cela détruit récemment les semences plantées par des agriculteurs indemnisés par Vinci au début de la procédure d'expropriation, qui revenaient cultiver leurs anciennes terres à la demande du concessionnaire, après en avoir acheté de nouvelles ailleurs.

"Ici, plus personne ne souhaite un retour à la normale", explique un habitant des "Fosses noires". "On veut permettre à des petits paysans sans terre de s'installer ici, et non pas à des paysans déjà installés de faire davantage de profits."

Le devenir du projet d'aéroport continue toutefois de susciter une "grande méfiance" au Collectif des organisations professionnelles agricoles opposées au projet (COPAIN).

"On pourrait croire que le projet est abandonné, mais ce n'est pas du tout le cas : les procédures sont toujours en cours", dit ainsi Vincent Delabouglise, l'un de ses membres.

Cet agriculteur estime miraculeux qu'aucun mort n'ait été à déplorer sur la zone du futur aéroport lors de la tentative d'évacuation ratée de novembre 2012.

"On a en un climat de tension monstrueux pendant six mois", dit l'agriculteur. "Ce qui est arrivé à Rémi Fraisse aurait pu arriver des centaines de fois à Notre-Dame-des-Landes."

Le recours à la violence continue d'ailleurs de faire débat entre les opposants traditionnels au projet d'aéroport et les plus radicaux, dont une partie a saccagé lundi soir des commerces et du mobilier urbain dans le centre-ville de Nantes, après un rassemblement en mémoire du militant tué.

L'Acipa, association qui regroupe les opposants historiques à l'aéroport, a ainsi fait savoir mercredi soir qu'elle se désolidarisait du nouveau rassemblement organisé samedi prochain, toujours à Nantes, par des habitants de la ZAD.

(édité par Yves Clarisse)

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  • M3435004 le jeudi 30 oct 2014 à 17:28

    Un belle image de l'écologie : la construction de camps de ROM par des anarchistes casseurs.

  • M8252219 le jeudi 30 oct 2014 à 16:45

    Vivre sans travailler (sur le dos du contribuable)c'est leur style de vie ils sont utilisés par les écolos ce sont peut être des idéalistes mais certainement des anarchistes et des terroristes