"Nos dépôts sont vides": dernière distribution d'aide à Alep

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Des volontaires de l'ONG, al-Sham Humanitarian Foundation, distribuent des denrées alimentaires à des habitants du quartier rebelle d'al-Marjah, le 15 novembre ( AFP / KARAM AL-MASRI )
Des volontaires de l'ONG, al-Sham Humanitarian Foundation, distribuent des denrées alimentaires à des habitants du quartier rebelle d'al-Marjah, le 15 novembre ( AFP / KARAM AL-MASRI )

Dans deux quartiers du secteur assiégé d'Alep en Syrie, des volontaires d'une ONG locale distribuent de maigres sacs d'aides à des hommes, des femmes et même des enfants, les derniers qu'ils possèdent encore dans leurs dépôts.

"Nos entrepôts sont vides nous n'avons plus rien distribuer", annonce à l'AFP Ammar Qadah directeur d'al-Sham Humanitarian Foundation, une association de charité opérant dans le secteur oriental de la deuxième ville de Syrie assiégé depuis pratiquement quatre mois par le régime.

"Nous avons terminé aujourd'hui de distribuer les rations alimentaires pour environ 2.000 familles que nous aidions", précise M. Qadah, interrogé mardi dans un dépôt de Maadi, un des quartiers tenus par les rebelles.

"Ce mois, nous avons pu distribuer que le quart des rations en raison du manque de provisions", regrette cet homme à la barbe poivre sel.

A l'extérieur, des volontaires chargent un camion de cartons. D'habitude, chaque famille recevait deux grands cartons, soit assez de nourriture pour tenir un mois.

Mais cette fois-ci, elles n'emportent qu'un sac contenant deux bouteilles d'huile, deux kilos de riz, deux kilos de lentilles, deux kilos de sucre et une boîte de mortadelle qui suffit à peine pour une semaine à une famille de cinq personnes.

"Ils nous ont dit qu'il s'agit de la dernière distribution car il n'y a plus de rations", se désole Abou Ahmad, le visage fatigué.

Dans le quartier rebelle d'al-Marjah, le 15 novembre, seul le quart des rations a été distribuée en
Dans le quartier rebelle d'al-Marjah, le 15 novembre, seul le quart des rations a été distribuée en raison de la pénurie ( AFP / KARAM AL-MASRI )

Ce résident de Maadi confirme aussi avoir reçu ce mois le quart de la ration alimentaire qu'il obtenait normalement. "Tous les tickets de rationnement ont été retirés des familles", confie ce père de trois enfants de 32 ans. "Ces rations durent d'habitude une semaine. Nous ne comptons plus que sur elles et Dieu", lâche-t-il.

- 'catastrophique' -

Hommes, femmes ou enfants se pressent pour recevoir l'aide alimentaire, dans le quartier rebelle d'al-Marjah, le 15
Hommes, femmes ou enfants se pressent pour recevoir l'aide alimentaire, dans le quartier rebelle d'al-Marjah, le 15 novembre ( AFP / KARAM AL-MASRI )

Dans le quartier de Marjé, le correspondant de l'AFP a vu des résidents à un point de distribution prendre en toute hâte un sac chacun à son tour. Dans la rue, beaucoup d'enfants patientent, certains assis sur le trottoir.

Jeudi dernier, l'ONU avait prévenu que les dernières rations alimentaires étaient en train d'être distribuées à Alep-est, où l'aide n'a pas pu être acheminée depuis quatre mois. L'ONU a appelé les parties à autoriser la livraison de l'aide pour éviter une famine.

Le quartier déserté du souk al-Hal à Alep, le 4 novembre 2016
Le quartier déserté du souk al-Hal à Alep, le 4 novembre 2016 ( AFP/Archives / KARAM AL-MASRI )

Une porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué à l'AFP que ses "dernières distributions d'aide à travers nos partenaires ont eu lieu dimanche".

D'après le journaliste de l'AFP, la majorité des ONG ont reçu de la nourriture du PAM qu'elles ont déjà distribuée, mais certaines comme al-Sham Humanitarian Fondation achète des produits sur les marchés pour les distribuer gratuitement.

Certaines ONG, comme al-Sham Humanitarian Fondation, achètent des produits sur les marchés pour les distribuer
Certaines ONG, comme al-Sham Humanitarian Fondation, achètent des produits sur les marchés pour les distribuer gratuitement ( AFP / KARAM AL-MASRI )

La Russie, allié du régime syrien et qui a repris ses bombardements sur Alep-Est mardi, a rejeté une demande de l'ONU en faveur de trêve plus longues pour permettre l'acheminement de l'aide.

"Les conséquences d'une non-assistance (...) seront si catastrophiques que je ne peux même pas imaginer ce scénario", a affirmé Jan Egeland, qui dirige le groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire. Ne pas autoriser l'acheminement de l'aide reviendrait à "affamer" un quart de million de personnes, a-t-il prévenu.

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  • kurki il y a 3 semaines

    Quand des gens sont assiégés, ou ils se rendent, ou ils meurent. Mais les combattants rebelles ont encore munitions et vivres, pour eux !

  • 28351485 il y a 3 semaines

    QU' ont FAIT L 'ONU et les occidentaux pour faire sortir cette population par les couloirs humanitaires mis en place ??? de la propagande et des discours ...RIEN D'AUTRE