"Nos chers voisins", "Zak" : le format court, nouveau filon des chaînes TV

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Diffusé sur TF1, "Nos chers voisins" s'est immiscé parmi les cent meilleures audiences de 2012. TF1
Diffusé sur TF1, "Nos chers voisins" s'est immiscé parmi les cent meilleures audiences de 2012. TF1

(AFP) - Lancé par France 2 avec "Un gars une fille", propulsé par le culte "Bref" de Canal+, le format court à l'image de "Nos chers voisins" ou "Scènes de ménage" se multiplie à la TV française, gage de belles audiences à une période où le zapping fait loi.

"Mammas" (Arte), "Scènes de ménages" (M6), "Sophie et Sophie", "Dans la bouche" (Canal+), "Vestiaires" (France 2), "Roxane, la vie sexuelle de ma pote" (Chérie 25), "C'est la crise (Comédie+), "Zak" (OCS), "Palmashow" (D8): la liste de ces sketches, souvent cocasses d'à peine quelques minutes, s'allonge. Et il y aura bientôt "vdm" sur NT1, ainsi que "Tu veux ou tu veux pas" et "Ma meuf" sur HD1.

Facile à placer entre des programmes plus longs, ces formats ont également l'avantage pour les chaînes de la TNT - moins riches que leur concurrentes historiques - d'être moins chers qu'une série plus longue ou une émission de divertissement.

"Avec la scripted reality, les programmes courts est le nouvel Eldorado. Il y a une grosse demande des chaînes pour des programmes pas chers qui fassent rire", relève Marc Michaud, de la maison de production Fiction'Air. Il présente deux pilotes de format court au festival de la fiction TV de Luchon qui se déroule cette semaine.

Une vingtaine de ces films sont présentés à Luchon, du jamais vu. Et l'apparition des comédiens de "Scènes de ménage" et "Nos chers voisins" (TF1) ont donné lieu à des files d'attente, en vue d'une dédicace.

"Nos chers voisins", lancée il y a à peine sept mois, apparaît comme la locomotive du genre. Regardée chaque jour en moyenne par 5,2 millions de téléspectateurs, elle a atteint un pic de 9,1 millions.

"Il n'y a pas de recette particulière à +Nos chers voisins+. C'est le format court qui fonctionne très bien en général. C'est drôle, c'est court, ce sont souvent des scènes du quotidien tournées en dérision à travers lesquelles le téléspectateur peut se reconnaître ou reconnaître quelqu'un dans son entourage", résume Sheily Lemon, consultante TV au cabinet Imca.

"particularité française"

"Toutes les chaînes s'engouffrent dans la brèche et les diffusent simultanément, ce qui peut apparaître comme une particularité française. A l'international, on voit moins de formats courts passer en même temps sur différentes chaînes concurrentes", ajoute-t-elle.

Sur la chaîne plus confidentielle Arte, le mini-format cartonne aussi. "La minute vieille", où des femmes âgées racontent des blagues salaces, et "Silex and the city", adaptation de la BD de Jul, ont attiré plus d'un million de personnes.

Arte s'affiche comme la plus active en terme de projets en mini-format. Elle vient de tourner la deuxième saison de "La minute vieille", va proposer dès lundi "Portraits de voyages", belle série d'aventures, puis en mars "Juliette génération 7.0", le quotidien déjanté d'une septuagénaire. Il y aura aussi "Hman", où le chanteur Arthur H va incarner un super-héros loufoque qui tente d'enrayer la crise et résoudre la problématique du mariage gay.

Si Arte investit autant dans ce format, ce n'est pas par souci d'économie, ses créations étant principalement des films d'animation coûteux.

"L'objectif est de renouveler l'image d'Arte, chaîne culturelle intello sérieuse. Avec ces programmes humoristiques, nous souhaitons nous ouvrir aux jeunes", indique Hélène Vayssières, responsable des courts et moyens métrages chez Arte.

"C'est pas pesant, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Il n'y a aucun risque de saturation, ajoute-t-elle. Rendez-vous de respiration ludique en temps de crise, les formats courts ont un bel avenir devant eux".

bow/fa/bg

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