Non, Roland Dumas n'a pas sauvé la République !

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La décision du Conseil constitutionnel n'a en rien sauvé la République, elle a juste coûté au contribuable.
La décision du Conseil constitutionnel n'a en rien sauvé la République, elle a juste coûté au contribuable.

Roland Dumas partage avec son homonyme le goût du roman. Depuis quelques jours, son entretien au Figaro à l'occasion de la sortie de son livre, Politiquement incorrect (Cherche Midi), fait quelques vagues au motif que l'ancien président du Conseil constitutionnel se targue d'"avoir sauvé la République en 1995". La nature de cet exploit : avoir fermé les yeux sur les dépassements des comptes de campagne d'Édouard Balladur et de Jacques Chirac. L'anecdote était connue, à vrai dire, puisqu'un ancien membre du Conseil constitutionnel de l'époque avait vendu la mèche.

"Que faire ? s'interroge Roland Dumas en se replaçant dans le contexte de cette présidentielle emportée par Chirac. C'était un grave cas de conscience. J'ai beaucoup réfléchi. Annuler l'élection de Chirac aurait eu des conséquences terribles. J'ai pensé à mon pays. Je suis un homme de devoir. Nous avons finalement décidé, par esprit républicain, de confirmer, à l'unanimité au deuxième tour, son élection présidentielle."

Étouffer un scandale

C'est ici que Dumas se trompe. Les comptes irréguliers d'un candidat à l'élection présidentielle n'entraînent pas l'invalidité de son élection en cas de victoire. Le Conseil constitutionnel ne dispose pas de ce pouvoir dans ce cas de figure. En tant que juge de l'élection, il peut invalider des législatives ou des sénatoriales. Mais, s'agissant d'une élection présidentielle, son rôle est différent. Il est juge des...

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