Non-lieu requis pour Christine Lagarde dans le dossier Tapie

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* Six personnes en examen dans le volet non-ministériel * Tapie réclame plus d'un milliard d'euros (Actualisé avec rappel de l'affaire) PARIS, 23 septembre (Reuters) - Un non-lieu a été requis pour Christine Lagarde dans l'enquête sur l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie en 2008, a annoncé mercredi l'avocat de la directrice générale du Fonds monétaire international. "Le réquisitoire aux fins de non-lieu vient de m'être notifié", a déclaré à Reuters Me Yves Repiquet. Jean-Claude Marin, procureur général de la Cour de cassation près la Cour de justice de la République, a pris cette décision à la mi-septembre, a-t-il précisé. Si les magistrats instructeurs de la CJR suivaient ces recommandations, les poursuites visant Christine Lagarde seraient abandonnées. L'ancienne ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy a été mise en examen le 27 août 2014 pour négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique dans le dossier Tapie. Placée initialement sous le statut de témoin assisté dans cette affaire, Christine Lagarde dément toute négligence dans l'arbitrage privé qui a soldé le litige opposant l'homme d'affaires Bernard Tapie au Crédit lyonnais pour la revente de l'équipementier sportif Adidas. Le tribunal arbitral a condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), véhicule public chargé de liquider les actifs du Crédit Lyonnais, à verser à Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral, soit 403 millions d'euros avec les intérêts. DEUX VERSIONS AUTOUR D'UNE SIGNATURE La cour d'appel de Paris a annulé le 17 février dernier cette sentence arbitrale et l'homme d'affaires s'est pourvu en cassation. Il réclamera également plus d'un milliard d'euros à l'Etat le 29 septembre devant la cour d'appel de Paris qui doit réexaminer son litige avec la banque. Il a été mis en examen pour détournement de fonds publics par une personne privée et escroquerie en bande organisée. Outre Bernard Tapie, cinq personnes, parmi lesquelles le PDG d'Orange ORAN.PA Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde à l'époque des faits, sont mises en examen dans le volet non-ministériel de cette affaire. Stéphane Richard, qui avait déjà été mis en examen pour escroquerie en bande organisée en juin 2013, l'a été à nouveau pour complicité de détournement de fonds publics en mai dernier. Un éventuel non-lieu pour Christine Lagarde le placerait en posture délicate. Selon Le Monde, lors d'une confrontation en mars 2014, Christine Largarde avait accusé devant les juges Stéphane Richard d'avoir utilisé sa signature préimprimée sur un document rédigé en son absence dans le cadre de cette procédure. Stéphane Richard avait de son côté déclaré que sa ministre de tutelle avait été "en permanence informée de toutes les évolutions de ce dossier", ajoutait le quotidien. Christine Largarde a reconnu que Stéphane Richard "avait loyalement mis en oeuvre les décisions qu'elle avait prises", avait déclaré à la presse l'avocat du PDG, Me Jean-Etienne Giamarchi. L'avocat a réaffirmé en mai que son client réfutait "fermement les mises en cause dont il est l'objet". (Chine Labbé, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)


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