Non-lieu pour les deux journalistes au procès Vatileaks II

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    CITE DU VATICAN, 7 juillet (Reuters) - La justice du Vatican 
a accordé un non-lieu jeudi à deux journalistes italiens 
poursuivis pour  divulgation de documents confidentiels du 
Saint-Siège, jugeant qu'ils ne dépendaient pas de sa 
juridiction.  
    Francesca Chaouqui, conseillère en relations publiques qui a 
fait partie d'une commission du Vatican aujourd'hui dissoute sur 
les réformes financières, et Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, un 
Espagnol de 54 ans qui était également membre de cette 
commission, ont en revanche été condamnés respectivement à dix 
mois de prison avec sursis et dix-huit mois fermes. 
    Un cinquième prévenu Nicola Maio, assistant de Vallejo 
Balda, a quant à lui été acquitté au terme d'un procès de huit 
mois sur l'affaire baptisée "Vatileaks II". 
    Les journalistes Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi ont 
publié l'an dernier des livres qui dépeignent un Vatican 
gangrené par la cupidité et la corruption, et qui résiste aux 
projets de réforme du pape François.  
    Le parquet avait requis un an de prison avec sursis à 
l'encontre de Nuzzi et l'acquittement de Fittipaldi faute de 
preuves suffisantes.  
    Emiliano Fittipaldi s'est déclaré "totalement surpris" par 
le verdict rendu jeudi. "C'est un procès qui n'aurait jamais dû 
avoir lieu", a-t-il dit à des confrères devant le Vatican. 
    "Ce verdict reconnaît l'indépendance des journalistes à dire 
la vérité", a estimé Gianluigi Nuzzi. "Nous avions l'opinion 
publique avec nous, les gens comprennent la valeur de ces 
livres." 
     
    INSULTES 
    La décision du tribunal met fin à un procès qui a pris 
parfois d'étranges tournures en insistant sur la relation 
ambiguë entre Chaouqui et Vallejo, qui ont passé une bonne 
partie des audiences à échanger insultes et accusations. 
    Mgr Vallejo a accusé la conseillère en relations publiques 
d'être ambitieuse et manipulatrice, de l'avoir séduit avant de 
le rejeter faute d'avoir obtenu un poste permanent au Vatican.  
    Elle lui a envoyé des textos contenant des allusions à sa 
prétendue homosexualité. Dans sa dernière déclaration au procès, 
elle a accusé Vallejo de mensonges et nié avoir jamais été sa 
maîtresse. Elle a également demandé pardon pour certains de ses 
propos tenus durant les audiences. 
    "Je n'ai jamais donné de documents à des journalistes", 
a-t-elle dit.  
    Vallejo a en revanche admis avoir donné à Gianluigi Nuzzi 
accès à des documents protégés par un mot de passe de la 
commission dont il faisait partie.  
    Le Vatican a criminalisé la divulgation de documents 
confidentiels en 2013 après un premier scandale, baptisé 
"Vatileaks", qui avait précédé la démission du pape Benoît XVI. 
    Les cinq prévenus risquaient jusqu'à huit ans de prison.   
     
 
 (Philippe Pullella, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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