Non-lieu confirmé pour un décès lors d'une interpellation

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STRASBOURG (Reuters) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a confirmé mercredi le non-lieu dont ont bénéficié en janvier dernier quatre policiers poursuivis après la mort d'un homme qu'ils tentaient d'interpeller à Valentigney (Doubs) en novembre 2009, a-t-on appris auprès du parquet général.

Mohamed Boukrourou, un Marocain de 41 ans souffrant de troubles psychiatriques, était mort d'une défaillance cardiaque dans le fourgon des policiers, deux hommes et deux femmes, qui avaient été appelés par un pharmacien avec lequel il s'était querellé pour un problème de médicaments.

Trois des fonctionnaires s'étaient placés en position assise ou debout sur le corps de ce père de famille, qu'ils avaient menotté, pour parvenir à le maîtriser.

Ils avaient été mis en examen pour homicide involontaire deux ans et demi plus tard.

"Cette décision est déplorable. Dès le début, il y a eu la volonté de couvrir les policiers", a estimé Me Alain Dreyfuss-Schmidt, l'un des avocats de la famille Boukrourou.

"Je trouve pourtant que cette affaire ressemblait beaucoup à celle de Malik Oussekine où la question se posait de savoir si le décès était dû à l'insuffisance rénale dont souffrait la victime ou aux policiers voltigeurs", a-t-il ajouté.

Malik Oussekine, un Franco-Algérien de 22 ans, était mort en décembre 1986 après avoir été frappé par des policiers à moto qui intervenaient contre une manifestation d'étudiants à Paris.

Les fonctionnaires avaient été condamnés quatre ans plus tard à des peines de prison avec sursis.

L'avocat de Mohamed Boukrourou n'a pas exclu de se pourvoir en cassation.

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet

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