Non, les drones n'ont pas tué la photo aérienne par cerf-volant

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EN IMAGES - Une poignée d’amateurs et de professionnels continuent à prendre des photos aériennes de bâtiments avec des cerfs-volants. À l’époque du drone, cette technique permet une meilleure autonomie et se dispense d’autorisations.

Suspendre un appareil photo à un cerf-volant, l’idée n’est pas neuve. C’est même l’une des plus anciennes façons de pratiquer la photographie aérienne, avec un précurseur, Arthur Batut (voir ici le musée qui lui est consacré) dont les premières prises de vue datent de 1888. Un genre qui s’est développé notamment pour un usage militaire autour de la première guerre mondiale.

Bien sûr, 125 ans après ces premiers clichés, le développement récent des drones et leur redoutable précision par positionnement GPS a donné un coup de vieux au vénérable cerf-volant. Mais paradoxalement, il est aussi devenu plus high tech. Les différents modèles de cerf-volant permettent de voler aussi bien par vent très faible que soutenu et les appareils photos sont bien plus légers et perfectionnés. Les aérophotographes les plus novices peuvent se contenter d’une prise de vue automatisée à intervalle régulier tandis que les mieux équipés disposent d’une nacelle radiocommandée et d’un retour vidéo permettant de sélectionner précisément son cadrage.

«Cerfs-volants et drones sont complémentaires, estime le photographe Joël Estrade qui utilise les deux techniques avec sa société Photo Imagine. Le premier est plus sportif et le second plus technique. Jusqu’à 150 mètres d’altitude, l’usage d’un cerf-volant ne nécessite aucune autorisation de vol et ne requiert pas non plus de qualifications officielles contrairement aux drones.» Mais s’il apprécie l’utilisation du cerf-volant notamment pour les photos de belles demeures, il reconnaît que le drone peut apporter de la souplesse et des prises de vue à très basse altitude.

Décollage avec des vents compris entre 8 et 70 km/h

De son côté, Fabien Potel, créateur de Airkapture utilise exclusivement des cerfs-volants. «Il y a beaucoup moins de règlements et on peut prendre son temps pour les photos sans se soucier des problèmes d’autonomie et de batterie que connaissent les drones», explique-t-il. Installé en Normandie, il reconnaît ne pas avoir beaucoup de problèmes avec le vent sachant que ses différents cerf-volants permettent de voler dès 8 km/h de vent et jusqu’à 70 km/h. D’ailleurs dès que la météo est trop agitée, les drônes qui sont fragiles et coûteux ne sortent pas. Et au final, cette technique plus artisanale permet de proposer des vues aériennes à faible prix (à partir de 70 euros pour une photo de particulier et 240 euros pour une série de 5 à 10 photos).

Et la clientèle? «Elle est assez variée, souligne Fabien Potel. Il y a ceux qui souhaite faire photographier un événement, leur maison et les archéologues qui aiment bien le principe pour des vues de leur chantier. Récemment j’ai réalisé des prises de vue pour un sinistre, après un incendie dans une maison. En revanche, les promoteurs immobiliers ne se montrent pas très intéressés contrairement à mes attentes.» Joël Estrade note, lui, que la cote des cerfs-volants monte chez tous ceux qui se préoccupent de développement durable ou souhaitent au moins donner cette image. Par ailleurs, pour peu qu’il y ait de la brise, le cerf-volant est la seule méthode permettant, selon lui, de prendre des photos aériennes en urgence.

Une communauté active sur Internet

Même si les spécialistes de photo aérienne par cerf-volant ne se comptent que par dizaines, il forment une communauté de passionnés assez actifs, notamment sur le web. Pour la quasi-totalité d’entre eux, il s’agit d’amateurs qui pratiquent ce genre de prises de vue sur leur temps de loisirs. Preuve que cette discipline est restée active notamment dans les pays anglo-saxons, les amateurs de ce genre de photos, parlent souvent de KAP ou se décrivent comme des KAP-istes, pour Kite Aerial Photographie, l’acronyme anglais de photographie aérienne par cerf-volant.

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