Non, la France n'est pas en déflation

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En France, les prix ont reculé en janvier de 0,4% sur un an.
En France, les prix ont reculé en janvier de 0,4% sur un an.

Les prix ont baissé en France en janvier : -0,4% sur un an, -1% sur un mois. Pour autant, les économistes ne parlent pas encore de déflation mais d'inflation négative.

« La déflation, voilà l'ennemi »... C'est en quelque sorte le leitmotiv des économistes qui auscultent le pouls de l'économie française et plus globalement celui de la zone euro depuis quelques mois. Malheureusement, les dernières statistiques de l'Insee confirment que la tendance au ralentissement des prix est bien là. Sur un an, les prix ont reculé de 0,4% en France fin janvier. Une première depuis octobre 2009 ! Une baisse qui ressort à 1% comparée au mois de décembre. Mais l'Insee relève que la tendance a été accentuée en janvier par les soldes d'hiver, traditionnel soutien de la consommation en début d'année, après les fêtes de Noël.

Pour autant, peut-on véritablement parler de déflation ? Et bien non, pas encore ! Cette baisse des prix (sur un an) est certes peu encourageante mais elle repose principalement sur celle des prix de l'énergie depuis un an (et les soldes en janvier !). Les prix pétroliers ont ainsi reculé de près de 16% sur un an (-6% en janvier) même s'il faut noter que les prix du gaz ont augmenté de 2,1% sur un an (+1,6% en janvier). Les prix des services ont en revanche augmenté de 1,3% sur un an (-0,1% en janvier).

Inflation sous-jacente positive

Les économistes préfèrent alors se concentrer sur l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix les plus volatiles (énergie, prix de l'alimentation). Or, cette inflation sous-jacente reste en territoire positif. Elle est stable en janvier et augmente très légèrement sur un an (+0,2%). Le phénomène n'est pas encore assez ancré pour valider le terme de déflation. « Si le repli de l'indice des prix se prolonge alors le prix du pétrole ne sera plus seul en cause mais les autres composantes de l'indice des prix baisseront. On pourra alors parler de déflation. Tant qu'un coupable est facilement désignable, on est en inflation négative. Si la baisse des prix est diffuse alors c'est de la déflation » résume Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM.

Le verdict est donc simple : la France n'est pas en déflation même si la menace se rapproche. Baisse généralisée des prix des biens et des services, la déflation est souvent perçue très négativement car elle a tendance à s'auto-entretenir, les ménages reportant leurs décisions d'achat en pensant que les prix vont encore baisser. Faut-il alors redouter un scénario à la japonaise qui se déclencherait en zone euro au cours des prochains mois ? Pas forcément disent les experts... « Il faut s'attendre à une reprise naturelle de l'inflation, soutenue par la baisse conjointe de l'euro et du pétrole, qui redonne du pouvoir d'achat aux agents économiques » estime Emmanuel Petit, directeur de la gestion obligataire chez Rothschild.

J.G

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  • rodde12 le jeudi 26 fév 2015 à 16:09

    Il est facile de lutter contre la déflation. Il suffit d'augmenter lourdement les dépenses obligatoires des français comme les impôts et taxes, par exemple, L'avantage est qu'ils ne font pas partie de l'indice des prix. c'est du tout cuit pour nos dirigeants, bien sur cela arrange le F N , mais c'est peut être voulu.

  • xaavidf le vendredi 20 fév 2015 à 10:22

    Pour lutter contre l'inflation, je ne vois pas d'autres moyens que d'augmenter les salaires. Mais vu le contexte, c'est suicidaire d'augmenter les salaires...

  • M4358281 le vendredi 20 fév 2015 à 10:11

    elle est bonne celle-là ..il faut l'empailler !

  • cactop le vendredi 20 fév 2015 à 06:54

    pas pour les impôts même les assiettes augmentent

  • b.renie le vendredi 20 fév 2015 à 06:37

    C'est de la désinflation et non de la déflation car ce qui se passe en finance en France vient de ses comptes extérieurs, les causes ? l'énergie (pétrole - 50%) taux d'intérêt ridiculement bas de la dette souveraine (0.45% sur le 10 ans du jamais vu) baisse de la valeur de l'euro contre à peu près toutes les monnaies : moins 15 % contre USdollar

  • M5112736 le jeudi 19 fév 2015 à 20:00

    J'étais juste en train de me faire la même réflexion faites_c.Les soit disant ''économistes '' d'aujourd'hui doivent faire le spectacle au cirque Pinder après leur journée de taf en tant qu' ''économiste''. Tout et son contraire dans le même article.Je n'ai jamais vu la méthode Coué à un tel paroxysme en France depuis quelques mois.

  • M2785988 le jeudi 19 fév 2015 à 19:58

    Ils vont nier la réalité encore combien de temps ?Ils sont ridicules à ne pas vouloir regarder la réalité en face .. la déflation on y est depuis longtemps et nous ne sommes pas prets d'en sortir ...- une classe moyenne qui se paupérise et qui voit ses perspectives se réduire- des jeunes qui sont encore plus dans la précarité ...

  • Uchr0ny le jeudi 19 fév 2015 à 19:11

    Une seule raison à toute cette misère... le coût insupportable et injustifié du logement. Qui mettrait 150.000 ou 200.000 euro dans 10 sacs de bétons, trois cables et deux tuyaux ??? Même délire pour les loyers...

  • faites_c le jeudi 19 fév 2015 à 16:56

    « Il faut s’attendre à une reprise naturelle de l’inflation, soutenue par la baisse conjointe de l’euro et du pétrole, qui redonne du pouvoir d’achat aux agents économiques » Manifestement, certains aiment bien jouer sur les mots! N'en déplaise aux pseudos économistes ayant rédigé cet article, une augmentation de pouvoir d'achat lié à la baisse des prix de certains biens, cela s’appelle en économie la déflation et non pas la désinflation!