Non à la normalisation médiatique de ce président raciste !

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Donald Trump lors d'un meeting de campagne à Manchester (New Hampshire) le 7 novembre 2016.
Donald Trump lors d'un meeting de campagne à Manchester (New Hampshire) le 7 novembre 2016.

Par sa violence verbale, Donald Trump n’est pas un chef de l’Etat comme les autres. Il ne faudra jamais le banaliser, estime l’historien américain Steven Laurence Kaplan.

Petit gamin vivant à Brooklyn vers 1950, je rentrais en pleurant à la maison quand on me traitait de « sale juif ». Ma mère me réconfortait en m’assurant, selon le vieil adage, que « Sticks and stones may break your bones, but words will never harm you » (Les bâtons et les pierres peuvent casser vos os, mais les mots ne vous feront jamais de mal). Accompagné par des cours d’arts martiaux, ce conseil est pertinent dans un régime constitutionnel où la liberté de la parole est quasiment absolue.

Mais la victoire de Donald Trump nous rappelle que les mots, jamais innocents, peuvent faire terriblement mal. On est en train de vivre les débuts d’une lente mais inexorable « normalisation » médiatique du 45e président américain. Ce dernier nous encourage à tourner la page en modifiant légèrement son discours, forme et même fond. Mais comment oublier l’extrême violence et le caractère abject et grossier de ses mots, une campagne intellectuellement creuse fondée sur le dénigrement puis la disqualification par l’insulte.

Le New York Times a recensé 282 injures sur le seul canal de Twitter. En direct et en public, Donald Trump visait des individus et des groupes entiers. Pour les uns, son stock d’invectives, comme son vocabulaire global, a été assez limité, articulé sur un registre qui rappelle fortement la projection d’une personne en proie aux pulsions de doute et d’anxiété sur soi-même : ainsi, tel ou tel personnage public ou politique, journaliste, commentateur, etc., est « stupide ...

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