Nombre record de journalistes emprisonnés en Egypte - CPJ

le , mis à jour à 06:58
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LE CAIRE, 25 juin (Reuters) - En vingt-cinq ans, le nombre de journalistes emprisonnés en Egypte n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui, a déclaré jeudi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le CPJ a conduit un recensement dans les prisons et compté au moins 18 journalistes égyptiens jetés derrière les barreaux pour des motifs liés à leur travail, un record pour l'Egypte depuis que l'organisation a commencé à compiler des données sur les journalistes emprisonnés en 1990. Pour Khaled al Balchy, directeur du comité des libertés au syndicat de la presse égyptienne, leur nombre est encore plus élevé, dépassant les 30. Le CPJ explique que les autorités répriment la liberté de la presse sous prétexte de protéger la sécurité nationale. La plupart des journalistes emprisonnés sont accusés d'appartenir ou d'être affiliés aux Frères musulmans, que Le Caire désigne comme organisation terroriste. "Ces chiffres ne sont pas exacts et ce rapport n'est pas objectif", a dit une source gouvernementale à Reuters, déclarant que tous les journalistes emprisonnés sont poursuivis pour des infractions pénales et non pour des raisons politiques. Selon le CPJ, six journalistes ont été condamnés à la réclusion à perpétuité et plusieurs autres sont en détention provisoire pour une durée indéterminée. "Les arrestations de journalistes en Egypte sont souvent violentes", ajoute le CPJ, évoquant des passages à tabac, des abus, des perquisitions et des saisies de biens. "Les cellules sont souvent sales et surpeuplées. Dans leurs lettres envoyées de prison, certains journalistes écrivent qu'ils sont souvent privés de lumière du jour pendant des semaines; d'autres décrivent la torture des prisonniers, y compris l'usage de chocs électriques." Le responsable gouvernemental interrogé a nié toute accusation de torture. Le CPJ souligne que certaines régions du pays ne sont plus couvertes par la presse, le cas le plus notable étant la péninsule du Sinaï, où l'armée combat des groupes insurgés depuis des mois. Lorsqu'ils arrivent aux checkpoints de l'armée, les journalistes sont régulièrement interdits d'entrée et les reporters locaux sont menacés à la fois par le gouvernement et par les groupes armés. "Il n'y a plus de journalisme dans le Sinaï", déclare un reporter local cité par le CPJ, qui préfère rester anonyme pour des raisons de sécurité. "La seule chose qu'on peut faire, c'est raconter la version de l'armée. Faire autre chose, c'est vouloir aller en prison." (Ahmed Aboulenein; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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