Nine Elms, un nouveau quartier sort de terre à Londres

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La centrale électrique de Battersea et la nouvelle ambassade américaine de Londres sont les fers de lances du plus vaste chantier de rénovation urbaine de Londres.

Des grues, des grues, encore des grues. Sur la rive sud de la Tamise, juste de l'autre côté de Westminster, est en train de pousser un nouveau quartier de la capitale britannique. Nine Elms, ancien paysage de friches industrielles en plein Londres, marqué par l'iconique Battersea Power Station immortalisée par les Pink Floyds, est, sur 195 hectares, le plus vaste chantier de rénovation urbaine d'Europe.

En construction: 20.000 logements, 600.000 mètres carrés de bureaux qui accueilleront 25.000 employés, une douzaine de nouvelles tours, deux stations de métro, cinq parcs, deux écoles, un tunnel égoutier sous la Tamise et un futur pont sur la rivière à confirmer. Ce gigantesque chantier prendra fin d'ici une dizaine d'années mais, déjà, les premiers habitants commencent à investir les immeubles à peine terminés. Il faut sans cesse trouver de la place pour accueillir un million d'habitants supplémentaires prévus à Londres d'ici à 2020.

Deux décisions majeures ont permis le décollage du site. D'abord, la décision des Etats-Unis d'y implanter leur nouvelle ambassade, où ils déménageront en 2017 quittant le très chic Mayfair, suivis de peu de la représentation néerlandaise. Et, surtout, l'investissement de promoteurs malaisiens pour réhabiliter l'ancienne centrale électrique, après trente ans de projets avortés, pour dix milliards d'euros. «Un tel projet requiert tellement d'argent qu'il faut arriver au bon moment pour réunir des conditions de marché satisfaisantes et l'intérêt du public», explique Ravi Govinda, maire de l'arrondissement de Wandsworth, où elle est implantée.

Sur le plan résidentiel, le pari semble gagné d'avance. Sur les 813 appartements mis en vente par le promoteur St James dans sa résidence Riverlight, signée par l'architecte Richard Rogers, il n'en reste que trois à vendre, de 800.000 livres (1,1 million d'euros) pour un deux pièces au rez-de-chaussée à 2 millions de livres (2,8 millions d'euros) pour un trois pièces au huitième étage. Pour ce prix, on a accès une piscine privée et un spa au sous-sol. La grande majorité des acquéreurs sont étrangers, pour l'essentiel du Moyen-Orient et du sud-est asiatique. De nombreux biens achetés sur plans au lancement ont déjà changé de mains.

Les premiers logements de la centrale de Battersea mis en vente ont aussi suscité l'engouement. Il ne reste que cinq des 866 appartements de la première tranche (studio à partir de 478.000 euros), le reste est parti en trois semaines. Et encore, seuls 250 privilégiés pourront se vanter d'habiter dans le bâtiment historique, l'essentiel des 4000 logements se situeront dans des annexes imaginées par Franck Gerhy et Norman Foster. L'ex-centrale accueillera aussi des bureaux, un cinéma, un centre commercial.

Le développement du quartier de Nine Elms repose entièrement sur des fonds privés. Le sol appartient à une quinzaine de propriétaires qui ont fait travailler 33 promoteurs différents. Même l'extension de la Northern Line du Tube, pour un milliard de livres (1,4 milliard d'euros) est financée par les développeurs privés sans un sou d'argent public. De même, le nouveau pont sur la Tamise ne verra le jour que si les 40 millions de livres (55 millions d'euros) nécessaires sont rassemblés auprès des investisseurs.

D'ici peu, le marché de gros de fleurs de New Covent Garden (équivalent de Rungis) va devoir déménager pour céder la place à une nouvelle tour. Il a échangé son territoire stratégique contre la construction d'un bâtiment flambant neuf un peu plus loin.

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