Nigeria-Présidentielle reportée pour raisons de sécurité

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(actualisé avec réaction de la Grande-Bretagne) ABUJA, 8 février (Reuters) - L'élection présidentielle qui devait avoir lieu le 14 février au Nigeria a été reportée de six semaines au 28 mars en raison de l'insécurité liée à l'insurrection des islamistes du groupe Boko Haram, a annoncé samedi le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). "La commission ne peut pas écarter à la légère les conseils des responsables de la sécurité nationale", a expliqué à la presse le président de la Ceni, Attahiru Jega. "Appeler les électeurs à exercer leurs droits démocratiques dans une situation où leur sécurité ne peut pas être assurée est une lourde responsabilité", a-t-il ajouté. L'élection présidentielle a été par conséquent reprogrammée le 28 mars; les élections pour le renouvellement des postes de gouverneur et des assemblées locales se tiendront le 11 avril. Ce report pourrait susciter la colère de l'opposition, qui ne voulait pas en entendre parler. La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale, a estimé que le report de la présidentielle était un "motif de préoccupation". "Si nous soutenons le Nigeria dans son combat contre le terrorisme, la sécurité ne doit pas être invoquée comme raison pour priver le peuple nigérian de l'exercice de ses droits démocratiques", a déclaré le secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond. "Il est capital que l'élection soit maintenue et se déroule le plus rapidement possible, conformément aux normes internationales", a ajouté le chef de la diplomatie britannique. L'élection présidentielle mettra aux prises le président sortant, Goodluck Jonathan, candidat du Parti démocratique du peuple (PDP), à un ancien chef de la junte militaire, Muhammadu Buhari, du Congrès du progrès (APC). Ce scrutin pourrait être le plus serré depuis la fin du régime militaire, en 1999. Le président de la commission électorale a dit avoir reçu une lettre du conseiller national à la sécurité expliquant que les opérations militaires en cours dans le nord-est du pays, où les forces de sécurité combattent Boko Haram, ne permettraient pas d'assurer la sécurité des opérations électorales. Le PDP de Jonathan pressait lui aussi la commission de reporter le scrutin. L'opposition estime au contraire que les combats contre Boko Haram ne sont qu'un prétexte et que le camp du président sortant cherche à gagner du temps. (Julia Payne et Andrew Osborn; Pierre Sérisier, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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