Nigeria : à Kano, le chaos des élections

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Le processus électoral complexe et défaillant a pris du retard.
Le processus électoral complexe et défaillant a pris du retard.

Cela fait très exactement une heure et dix minutes que Peter Okeke attend. Assis sur une chaise en plastique dans l'école de Kwakwaci, il fulmine. "C'est délibéré. On nous a demandé de venir à 8 heures pour commencer à nous accréditer. Il est 9 h 10, et il n'y a toujours personne. C'est programmé, c'est pour empêcher les Igbos de voter." Peter a 40 ans, il est vendeur de bus scolaires dans le quartier de Sabon Gari, à Kano, la deuxième ville la plus peuplée du pays après Lagos. Contrairement à la majorité des habitants, haussas et musulmans, Peter est igbo et chrétien. Et contrairement aux "indigènes" de la ville qui soutiennent le candidat d'opposition du parti APC, Muhammadu Buhari, les Igbos soutiennent le président sortant, Goodluck Jonathan, du parti au pouvoir PDP.

Effrayés par la perspective de violences postélectorales, comme en 2011, beaucoup ont déserté la ville en masse depuis plusieurs semaines. Ceux qui restent voient dans ce retard une machination pour les empêcher de voter. "Dans deux heures, je m'en vais", assure Alhaji Yahaya. Certains vont chercher de l'eau ou de la nourriture chez eux, épuisés d'avoir piétiné dans le sable depuis le petit matin, par 35 degrés. D'autres ne reviendront pas. "C'est de la négligence de la part de l'INEC (la Commission électorale nationale indépendante). Du coup, les gens risquent de ne pas accepter le résultat, ça peut être un déclencheur pour des tensions", s'inquiète Ubah,...

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