NicOx espère croître encore dans l'ophtalmologie d'ici fin 2012

le
0

par Noëlle Mennella et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - NicOx espère conclure d'ici la fin de l'année une opération de croissance externe qui lui permettra de confirmer sa stratégie de transformation en société spécialisée en ophtalmologie, a déclaré à Reuters Michele Garufi, son PDG et fondateur.

La biotech de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes) a décidé de se repositionner dans cette activité à la suite du refus des autorités sanitaires américaines, à l'été 2010, d'homologuer le Naproxcinod, son médicament phare dans le traitement de l'arthrose.

La première étape de cette stratégie a consisté à s'offrir 11,8% du capital de la société britannique Altacor moyennant deux millions de livres (2,46 millions d'euros au cours actuel), et NicOx "a l'intention d'exercer" l'option sur le solde du capital, a dit Michele Garufi lors d'une interview téléphonique.

L'étape suivante passera par le rachat et/ou la prise en licence d'actifs complémentaires à des stades avancés ou déjà commercialisés dans le but de s'octroyer des droits mondiaux, a ajouté Michele Garufi.

"Plusieurs discussions sont à un niveau avancé, et j'espère que l'on arrivera, sûrement avant la fin de l'année, à la signature d'un accord", a-t-il précisé.

Aux Etats-Unis, NicOx cherche plutôt à acquérir des produits faute de société de petite taille à racheter, ce qui est en revanche possible dans certains pays européens comme l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et la France "où des contacts on été pris et différentes possibilités sont envisagées".

TRÉSORERIE DIMINUÉE PAR LA RESTRUCTURATION

Les mastodontes du secteur tels que Novartis, Merck ou Sanofi n'impressionnent pas le PDG de NicOx.

"Dans l'ophtalmologie, il y a de la place pour des groupes de taille moyenne et plusieurs opportunités d'achat ou de licence de produit. C'est un espace que l'on espère occuper avec succès", a-t-il assuré.

Le marché mondial de l'ophtalmologie, estimé à 16,2 milliards de dollars en 2010, devrait atteindre 21,1 milliards d'ici 2016, avec un taux moyen de croissance de 4,5% par an.

Pour financer ses emplettes, Michele Garufi évoque le recours possible à une partie de la trésorerie de la société et l'éventualité d'une émission d'actions nouvelles.

A la fin 2011, la société disposait d'un trésor de guerre de 93 millions d'euros, un montant qui va cependant être amputé des frais d'acquisition d'Altacor et des coûts de restructuration, NicOx ayant annoncé en décembre la suppression d'un tiers de ses effectifs.

LE NAPROXCINOD "PAS MORT"

Michele Garufi a également évoqué "l'idée" d'exploiter le Naproxcinod dans d'autres domaines thérapeutiques si les discussions avec la FDA ne permettent pas d'aboutir à commercialiser ce produit dans l'arthrose.

Il n'a pas été plus précis, tout en indiquant que "tous les projets non ophtalmologiques seront placés en partenariat, comme sources de revenus et de royalties pour les actionnaires".

Les nouvelles études cliniques demandées par la FDA seront réalisées si NicOx trouve un partenaire pour l'accompagner, a-t-il dit.

"On a ciblé Naproxcinod sur des dosages plus bas dans la seule indication de l'arthrose du genou", a-t-il précisé. "On est en train d'évaluer les coûts nécessaires et de contacter les différents partenaires possibles. On n'a jamais dit que l'on abandonnait le projet."

Prié de commenter les avancées des études engagées dans le glaucome par son partenaire Bausch & Lomb, Michele Garufi a simplement déclaré que ce dernier "se préparait à lancer une phase III".

Au 31 décembre 2011, le FSI détenait 5,42% du capital de NicOx, Pfizer 1,85% et Michele Garufi 1,18%. Près de 87% des titres sont dans le public.

L'action Nicox inscrivait jeudi vers 15h30 un cours de 2,6680 euros (-8,4%), faisant ressortir une capitalisation boursière de 196 millions d'euros environ.

Après avoir atteint 25 euros au début 2007, le titre a dégringolé à un plus bas de 0,71 euro en novembre, pour clôturer 2011 sur une perte de 53,86%. Depuis le début janvier, il reprend 167%, enregistrant ainsi le plus fort gain de l'indice CAC mid & small.

"On était tellement sous-évalué, moins que le cash, malgré nos projets avec Bauch, Merck et le fait que Naproxcinod n'était pas mort", a commenté Michele Garufi.

Edité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant