Nicolas Winding Refn ou la beauté en horreur

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Nicolas Winding Refn, le 30 avril, à Paris.
Nicolas Winding Refn, le 30 avril, à Paris.

Dans « The Neon Demon », le cinéaste danois filme enfin des femmes… pour leur faire vivre un cauchemar. Cette cruelle évocation du monde de la mode a reçu un accueil mitigé à Cannes.

Dans la vie, Nicolas Winding Refn obéit à sa femme, la comédienne Liv Corfixen. C’est ainsi qu’il a tourné son nouveau film, The Neon Demon, à Los Angeles, et non à Tokyo, comme il l’envisageait à l’origine. Son épouse lui avait mis le couteau sous la gorge. Après le tournage à Bangkok de son précédent film, Only God Forgives (2013), elle ne lui a laissé le choix qu’entre Copenhague, où ils vivent avec leurs deux filles, et Los Angeles, où la famille séjourne régulièrement.

C’est d’ailleurs là que son mari avait tourné Drive (2011). Placé devant une telle obligation, le réalisateur danois ne tergiverse jamais. Il acquiesce. « Vous me connaissez un peu, je suis le mec plutôt sûr de lui, dépoitraillé, chemise largement ouverte, très à l’aise. C’est l’image publique que je dégage. Une fois rentré chez moi, je ne suis plus le même. Je deviens passif, soumis, sadomasochiste. Le genre toutou, le petit chien qui retourne dans sa niche, le mec aux ordres, le doigt sur la couture, dominé par les femmes. »

Bande-annonce de « The Neon Demon »

L’indice de cette soumission se retrouve dans My Life Directed by Nicolas Winding Refn, le documentaire que son épouse a réalisé sur le tournage d’Only God Forgives. Le réalisateur apparaît tourmenté et survolté, régulièrement calmé par Liv Corfixen, préoccupé par la direction à donner à sa carrière et la nécessité de concilier aspirations artistiques et besoin de rester en famille. « Un des films de mon mari, Fear X [Inside Job], a plongé n...

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