Nicolas Sarkozy souhaite "bon courage" à François Hollande

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Nicolas Sarkozy souhaite "bon courage" à François Hollande
Nicolas Sarkozy souhaite "bon courage" à François Hollande

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a souhaité jeudi "bon courage" à son adversaire socialiste pour l'élection présidentielle, François Hollande, à trois jours du premier tour, alors qu'il n'a pas ménagé ses attaques contre lui tout au long de la campagne.

Invité d'Europe 1, le président de la République, candidat à un second mandat, s'est en revanche dit déçu par le comportement d'anciens membres de son gouvernement venus de la gauche qui ont annoncé leur intention de voter Hollande.

Prié de dire, à la fin de l'interview, s'il avait une question pour le candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a répondu: "Je suis bien placé pour lui dire bon courage."

"Une campagne, c'est une épreuve. Je vois beaucoup de gens qui font des commentaires sur la campagne, les qualités ou les défauts des candidats", a-t-il ajouté. "Mais je me demande (...) lesquels seraient capables d'affronter cette épreuve physique, cette épreuve psychologique, cette épreuve personnelle."

Nicolas Sarkozy et François Hollande sont au coude à coude dans les enquêtes sur les intentions de vote pour le premier tour mais le candidat socialiste est donné systématiquement vainqueur au second par les mêmes sondages.

Le chef de l'Etat n'a eu de cesse, durant toute la campagne, d'accuser son adversaire de "mensonge" et brandir le spectre d'un chaos financier si François Hollande est élu le 6 mai.

Prié jeudi de dire pourquoi il lui souhaitait "bon courage", Nicolas Sarkozy a répondu: "Ce n'est pas la guerre. Et puis, si jamais il avait une déception..."

DÉÇU PAR AMARA ET HIRSCH

Il n'en a pas moins estimé qu'il ne serait pas "sain", si François Hollande est élu, d'avoir en France un pouvoir presque entièrement aux mains de la gauche, qui a déjà "toutes les régions sauf l'Alsace, les trois quarts des départements, les deux tiers des communes, la majorité au Sénat".

Il a admis que ce ne serait pas "plus sain" si c'était le cas de figure pour la droite.

"C'est d'ailleurs pour ça que j'ai fait l'ouverture, même si je n'en suis pas payé de retour", a-t-il ajouté, allusion notamment à l'ancienne secrétaire d'État à la Ville, Fadela Amara, et à l'ancien Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, jadis symboles de cette politique.

L'une et l'autre ont annoncé leur intention de voter pour François Hollande, ainsi que d'anciens ministres du prédécesseur de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac.

Le chef de l'Etat a cependant assuré qu'il ne regrettait pas cette politique d'ouverture du gouvernement à des personnalités venues de la gauche qui a été la marque du début de son mandat.

"Je crois profondément qu'un pays de 65 millions d'habitants comme la France doit avoir le courage de la diversité et qu'un président de la République a la responsabilité de ne pas se laisser enfermer dans son clan, dans sa famille politique", a-t-il expliqué. "C'est une responsabilité qui confine au devoir de rassemblement."

"La politique d'ouverture dans un pays éruptif comme la France est absolument nécessaire", a-t-il ajouté. "Peut-être me suis-je trompé sur la colonne vertébrale et l'élégance de ces personnalités (...) La leçon morale, c'est d'être tolérant et de ne pas changer de conviction parce que des hommes et des femmes vous déçoivent."

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Henri-Pierre André

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  • REDF le jeudi 19 avr 2012 à 12:24

    LE SYSTEME EST VICIE DES LE DEPART,ELU POUR CINQ ANS,LE PRESIDENT N'A PAS LE TEMPS D'APPRENDRE SON METIER.C'EST DES LE BIBERON QU'IL FAUT SUCER LE LAIT DE L'ART DE GOUVERNER.

  • M6784830 le jeudi 19 avr 2012 à 11:47

    Je suis surprise de lire que beaucoup de gens sont incapables de tenir une pression aussi forte .Les petits patrons travaillent énormément, ne comptent pas leurs heures.Ils ont des comptes à rendre. On ne les plaint pas on les jalouses dés qu'ils arrivent à s'en sortir. Je suis offusqué de lire certaines absurditées. Eux veulent le pouvoir, Je n'ai vais pas les plaindre.

  • M4488857 le jeudi 19 avr 2012 à 11:16

    Je pense qu'il a raison et qu'une campagne c'est 18h par jour pendant 2 mois sans samedi ni dimanche, avec une pression médiatique de tous les instants. Aucun job en France n'a une pareille pression nerveuse et aussi physique compte tenu de l'absence de récupération. On peut critiquer les propositions, mais ce qu'ils font peu de gens en sont capables.

  • gjack le jeudi 19 avr 2012 à 10:43

    "Une campagne, c'est une épreuve. Je vois beaucoup de gens qui font des commentaires sur la campagne, les qualités ou les défauts des candidats", a-t-il ajouté. "Mais je me demande (...) lesquels seraient capables d'affronter cette épreuve physique, cette épreuve psychologique, cette épreuve personnelle."il lui faudrait essayer un jour de travailler sur un chantier ou dans un hôpital juste pour lui donner un moyen de comparer...

  • M4189758 le jeudi 19 avr 2012 à 10:30

    JPi - Le vrai problème de Mr hollande sera de trouver, rapidemment un Delors et un Rocard pour gouverner, pardon, pous gérer la France. Mr Mitterand a mis deux ans, Mr Hollande aura trois mois, à tout casser.