Nicolas Sarkozy se prépare à entrer en campagne

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NICOLAS SARKOZY SE PRÉPARE À ENTRER EN CAMPAGNE
NICOLAS SARKOZY SE PRÉPARE À ENTRER EN CAMPAGNE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La campagne pour l'élection présidentielle française débute pour de bon mercredi avec la probable entrée en lice officielle du président sortant Nicolas Sarkozy, qui briguera un deuxième et dernier mandat dans la position inconfortable du "challenger" face au favori des sondages, le socialiste François Hollande.

A 57 ans, le chef de l'Etat "a la niaque" et "un mental de gagnant", assurent des proches, malgré des enquêtes d'opinion qui donnent invariablement vainqueur son principal rival.

La course en tête de l'ancien dirigeant du Parti socialiste, dont les stratèges de l'UMP espéraient qu'elle prenne fin, a incité Nicolas Sarkozy à accélérer la confrontation.

Le duel larvé qui se joue depuis le début de l'année, attestant d'une bipolarisation marquée du scrutin selon les instituts de sondages, devient réalité pour des militants UMP quelque peu désorientés et qui, aux dires du député du Nord Sébastien Huyghe, "piaffent d'impatience".

"La bataille projet contre projet commence pour de bon", résume un ministre. "C'est à nous de faire le débat, il faut obliger l'adversaire à se positionner par rapport à nous", ajoute un responsable de la majorité.

Nicolas Sarkozy a dégainé ses premières armes dans une interview publiée samedi dernier dans Le Figaro Magazine, où il se place résolument à droite, sur le terrain "des valeurs et du peuple par opposition au candidat du système qu'est François Hollande", explique l'un des "visiteurs" de l'Elysée.

Un choix idéologique qui ne serait pas étranger au ralliement de la présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, qui a annoncé lundi le retrait de sa candidature après le "tournant majeur" du chef de l'Etat.

"LE PRÉSIDENT VA DÉPOSER SON ARMURE"

Le président de la République, qui avait annoncé sa candidature fin novembre 2006 dans une interview à la presse régionale pour sa première aventure présidentielle couronnée de succès, devrait se déclarer mercredi dans le cadre du journal de 20 heures de TF1, selon des sources au sein de la majorité.

A l'Elysée, où l'on entretient le suspense - "le coup d'éclat permanent", ironise François Hollande - , on assure que rien n'est encore décidé.

L'ancien ministre Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, a toutefois lancé mardi par voie de communiqué une invitation "à suivre l'annonce de la candidature officielle de Nicolas Sarkozy mercredi 15 février 2012 à 20h00" devant les écrans de télévision de sa permanence.

L'un des scénarios envisagés est que le chef de l'Etat annonce son entrée en campagne mercredi matin lors du conseil des ministres et l'officialise le soir à la télévision en "s'adressant directement aux Français".

"Le président va déposer son armure. Un déclic se fait, une transmutation. Le président devient candidat et là, c'est une nouvelle alchimie, les sondages changent. Dans quel sens ? On ne le sait pas", analyse le même responsable de la majorité.

Après son investiture officielle le 14 janvier 2007 pour briguer la succession de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy n'avait jamais déserté la cime des sondages.

La donne est tout autre cinq après. Selon un sondage Ifop-Fiducial, François Hollande continue de distancer le président sortant dans les intentions de vote pour le premier tour (30% (-1) contre 25% (+0,5)) et l'emporterait au second tour avec 57,5% des voix contre 42,5% à Nicolas Sarkozy.

"ÇA VA DÉCOIFFER"

En vertu d'une "stratégie commando" régulièrement évoquée dans le camp présidentiel, le chef de l'Etat entend occuper le terrain, avec l'appui d'une "structure resserrée", pour prendre de vitesse François Hollande.

Il devrait tenir sa première réunion publique jeudi soir à Annecy (Haute-Savoie), selon la fédération locale de l'UMP. Un autre meeting est prévu dimanche à Marseille.

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui ambitionne de se présenter à l'élection présidentielle de 2017, devrait vraisemblablement être sa porte-parole, a-t-on appris de source proche de l'UMP.

Sont également prévus des porte-parole thématiques pour les grands dossiers et le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, pourrait jouer un rôle-clé "pour expliquer la pensée et le programme du candidat", précise-t-on de source gouvernementale.

L'équipe de campagne, qui prendra ses quartiers au "QG" du 18 rue de la Convention, dans le XVe arrondissement de Paris, "sera très opérationnelle avec des gens très affûtés", dit-on de source proche du "premier cercle" élyséen.

"Vous allez voir, ça va décoiffer", pronostique, confiant, un ministre alors que nombre d'élus de la majorité s'interrogent sur les chances réelles du candidat et l'effet d'annonces telles que la "TVA sociale" sur l'électorat.

Affichant sérénité et constance, François Hollande, a réaffirmé mercredi sur BFM-TV et RMC que la candidature de Nicolas Sarkozy ne changerait rien à ses plans.

Le candidat socialiste, venu mardi à Saint-Etienne (Loire) parler transports et urbanisme, organise un deuxième grand meeting mercredi soir à Rouen, au moment théorique de la déclaration de Nicolas Sarkozy.

avec Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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