Nicolas Sarkozy se dit confiant et appelle au rassemblement

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Nicolas Sarkozy se dit confiant et appelle au rassemblement
Nicolas Sarkozy se dit confiant et appelle au rassemblement

PARIS (Reuters) - Devancé par François Hollande au premier tour de l'élection présidentielle, dimanche, Nicolas Sarkozy s'est dit néanmoins confiant de l'emporter et a réclamé l'organisation de trois débats avec son rival socialiste afin de permettre aux Français de faire "un choix dans la clarté".

Dans une déclaration faite devant ses partisans réunis au palais de la Mutualité, dans le Ve arrondissement de Paris, le président sortant a indiqué en outre qu'il entendait continuer de mener campagne jusqu'au 6 mai sur les thèmes, très conservateurs, qu'il a développés jusqu'ici comme le respect des frontières, l'immigration, le travail et la sécurité.

Il paraît ainsi avoir implicitement pris acte du score élevé de la candidate du Front national, Marine Le Pen, ayant un besoin impératif d'un fort report de voix de ses électeurs pour entretenir l'espoir d'une victoire dans deux semaines.

Nicolas Sarkozy, dont l'intervention a duré à peine cinq minutes, a également mentionné la nécessité d'éviter une "fuite en avant" des dépenses publiques, un thème cher au candidat centriste, François Bayrou.

"Je souhaite remercier tous ceux qui m'ont soutenu dès le premier tour, grâce à leur mobilisation nous pouvons aborder le second tour avec confiance", a-t-il dit, alors qu'il est crédité de 25% à 27% des suffrages contre 28,4% à 29,3% pour François Hollande, selon les instituts de sondage.

Il n'a toutefois fait aucune allusion à ce rapport de force qui le place dans une situation inédite pour un président sortant sous la Ve République.

Il a préféré mettre l'accent sur le taux de participation élevé, plus de 80%, pour estimer que les Français ont ainsi "démenti toutes les prédictions et déjoué tous les pronostics".

"VOTE DE CRISE"

Selon lui, "les Français ont exprimé un vote de crise, témoignant de leurs inquiétudes, de leurs souffrances et de leurs angoisses face à ce nouveau monde qui est en train de se dessiner".

"Ces angoisses, ces souffrances, je les connais, ces angoisses, ces souffrances, je les comprends, elles portent sur le respect de nos frontières, la lutte déterminée contre les délocalisations, la maîtrise de l'immigration, la valorisation du travail, la sécurité pour eux et pour leurs familles", a-t-il ajouté.

A propos de l'entre-deux-tours, il a estimé que les deux candidats en lice avaient un "devoir de vérité et un devoir de courage".

"Nul n'aura le droit de se dérober", a-t-il dit en se faisant l'écho d'un argument développé depuis le début de la campagne par l'UMP contre François Hollande. "Le moment crucial est venu, celui de la confrontation des projets et du choix des personnalités".

Pour cela, il réclame l'organisation de trois débats, sur la politique économique et sociale, sur les sujets de société et la politique internationale, alors que François Hollande n'entend accepter, conformément à la tradition, qu'une seule confrontation en face à face.

"Tout doit être débattu sans hypocrisie, sans esquive, sans faux-fuyant", a encore dit Nicolas Sarkozy.

Il a conclu son discours par un appel à "tous ceux qui refusent la fuite en avant dans les dépenses publiques sans contrôle et ne veulent pas que la France connaisse le sort de tant de nos voisins européens aujourd'hui emportés par la crise."

"J'appelle tous les Français qui mettent l'amour de la patrie au-dessus de toutes les considérations partisanes ou de tout intérêt particulier à s'unir et à me rejoindre", a-t-il ajouté dans une posture très gaullienne

Marc Joanny et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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