Nicolas Sarkozy s'arrête en banlieue après François Hollande

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À DRANCY, SARKOZY ACCUSE HOLLANDE DE NE PAS AVOIR ?UNE SEULE IDÉE" SUR LES BANLIEUES
À DRANCY, SARKOZY ACCUSE HOLLANDE DE NE PAS AVOIR ?UNE SEULE IDÉE" SUR LES BANLIEUES

par Yann Le Guernigou

DRANCY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Deux jours après François Hollande, Nicolas Sarkozy s'est rendu à son tour mardi en Seine-Saint-Denis où il a accusé son rival socialiste de n'avoir "pas une seule idée" sur les banlieues.

Le président-candidat avait choisi la ville de Drancy pour ce déplacement au cours duquel il a rencontré des responsables religieux et la communauté berbère avant de déjeuner avec des jeunes du service civique et des responsables d'associations.

Annoncée au tout dernier moment, la visite a été manifestement organisée à la va-vite, un des interlocuteurs de Nicolas Sarkozy déclarant n'avoir été prévenu que dimanche après-midi.

Mais l'entourage du candidat a démenti qu'il s'agisse d'une réponse à François Hollande, qui a sillonné en fin de semaine plusieurs quartiers en région lyonnaise et autour de Paris.

"Je suis très impliqué dans la vie des quartiers, depuis longtemps", a-t-il assuré. "J'ai vu que M. Hollande y avait passé deux jours. Mais il n'y a pas une seule idée qui soit sortie de ces deux journées", a-t-il dit après sa rencontre avec les responsables religieux.

"Qu'a fait la gauche pour résoudre ces problèmes? Rien, absolument rien. Qui a eu l'idée de la rénovation urbaine? C'est Jean-Louis Borloo. Qui a mis les crédits? (...) c'est Jacques Chirac d'abord, puis moi. Ensuite, qui propose un nouveau plan de rénovation urbaine? C'est moi", a-t-il ajouté.

"Il y a ceux qui parlent de la misère, ceux qui l'exploitent et puis il y a ceux qui essaient de faire qu'il y ait moins de ghettos", a-t-il encore déclaré.

Même s'il s'est rendu dans des quartiers réhabilités de Meaux et Valenciennes, il s'agissait du premier véritable déplacement de Nicolas Sarkozy dans une zone sensible depuis le début de sa campagne.

UN CHOIX SYMBOLIQUE

Le choix de la ville de Drancy était très symbolique: les diverses communautés religieuses y ont noué ces dernières années sous l'impulsion du maire, le député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde, un dialogue étroit.

Présent lors de la visite, l'imam local, Hassen Chalghoumi, s'est attiré les foudres des intégristes pour ses positions "républicaines" et sa défense du dialogue entre juifs et musulmans.

Nicolas Sarkozy s'est livré devant ses interlocuteurs à un plaidoyer en faveur de la laïcité, tout en soulignant que la "République n'est pas l'ennemie des religions".

Evoquant les tueries de Toulouse et Montauban, il a une nouvelle fois condamné tout amalgame de l'islam avec l'extrémisme mais a souligné que les musulmans devraient éviter d'inviter des prédicateurs intégristes à leurs manifestations pour ne pas s'exposer à des caricatures.

Il faisait allusion aux intervenants annoncés au congrès récent de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui ont fait l'objet d'une interdiction d'entrée sur le territoire français.

Il a évoqué aussi le cas de l'universitaire Tarik Ramadan, que rien n'a pu empêcher de venir au Congrès de l'UOIF même si ce proche des Frères musulmans installé en Suisse "est toujours dans ses propos sur le fil du rasoir".

"Je ne peux lui interdire d'entrer sur le territoire simplement parce qu'il appelle à voter François Hollande", a-t-il affirmé.

S'il a critiqué le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy, l'intéressé n'a pourtant pas à ce jour prôné de vote pour le candidat socialiste.

Edité par Yves Clarisse

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