Nicolas Sarkozy s'apprête à descendre dans l'arène

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NICOLAS SARKOZY S'APPRÊTE À DESCENDRE DANS L'ARÈNE
NICOLAS SARKOZY S'APPRÊTE À DESCENDRE DANS L'ARÈNE

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a donné rendez-vous aux Français ce mercredi soir au journal de 20 heures de TF1, où il devrait officialiser son entrée en lice dans la course à l'élection présidentielle face au favori des sondages, le socialiste François Hollande.

Après avoir cultivé le suspense pendant plusieurs semaines sur le moment où il se déclarerait candidat pour le scrutin d'avril-mai, le chef d'Etat est sorti de son silence en confirmant sa venue sur le plateau de la chaîne privée.

"J'ai accepté l'invitation de TF1 au journal de 20h de ce soir et je vous y donne rendez-vous", écrit Nicolas Sarkozy sur son compte personnel Twitter (@NicolasSarkozy), déjà suivi par plus de 18.000 personnes mercredi en milieu de matinée.

"Je suis très heureux de lancer aujourd'hui mon compte #Twitter. Merci à ceux qui voudront bien me suivre", avait-il indiqué un peu plus tôt dans un premier tweet.

Le chef de l'Etat, qui avait annoncé sa candidature à la précédente présidentielle de 2007 dans une interview à la presse régionale, était pressé depuis plusieurs semaines par des ténors de l'UMP d'accélérer son entrée en lice pour empêcher François Hollande de consolider ses positions.

Selon un sondage Ifop-Fiducial, le candidat du PS continue de distancer le président sortant dans les intentions de vote pour le premier tour, à 30% contre 25%, et l'emporterait au second tour avec 57,5% des voix contre 42,5% à Nicolas Sarkozy.

"L'heure de vérité va arriver", a lancé la ministre de l'Apprentissage Nadine Morano sur RTL.

Nicolas Sarkozy va "pouvoir faire la promotion de ses idées et de son projet pour la France, donc c'est une bonne chose qu'il soit candidat ce soir", a renchéri la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, sur RMC et BFM TV.

"LA CAMPAGNE COMMENCE"

Pressentie pour devenir la porte-parole du président sortant, Nathalie Kosciusko-Morizet, a laissé pour sa part à Nicolas Sarkozy le soin d'annoncer lui-même sa candidature.

"Une déclaration de candidature, c'est quelque chose de très personnel qui relie le candidat avec les Français. Donc avant qu'elle soit faite, elle n'est pas faite", a déclaré la ministre de l'Ecologie sur Europe 1.

"Je ne crois pas que ce soit dans son tempérament d'hésiter. Une déclaration de candidature, c'est un moment ou ça bascule, où l'on entre dans un autre monde. C'est une nouvelle phase, une nouvelle étape", a-t-elle ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé s'est félicité de l'entrée en lice imminente de Nicolas Sarkozy.

"Nous y sommes, la vraie campagne va commencer, François Hollande dit que rien ne change, ça dénote de sa part je pense une petite inquiétude, a-t-il dit sur France Info. Tout va changer avec l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, on va voir projet contre projet."

Interrogé sur le retard du président sortant dans les sondages, le chef de la diplomatie a répondu : "Nous avons des exemples antérieurs de ce genre de situation et c'est maintenant que nous entrons véritablement dans la campagne et c'est maintenant que le président de la République va en tant que candidat donner ses priorités et que nous verrons les faiblesses du candidat socialiste".

Au PS, dont le candidat doit tenir un discours de campagne à Rouen mercredi soir, l'officialisation de l'annonce du chef de l'Etat a été une nouvelle fois minimisée.

"C'est un secret de polichinelle et plutôt une confirmation, pour le reste on connaît déjà son programme, a déclaré Martine Aubry, la première secrétaire du PS, sur LCI. Ça va peut-être permettre que le Président arrête d'utiliser de manière déloyale les moyens de la République."

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a pour sa part fustigé la thématique du "peuple" reprise ces derniers jours par les membres de la majorité.

"Il se présente comme le candidat du changement, on sait qu'il incarne le conservatisme", a-t-il estimé.

Même dédramatisation au Front National, dont le numéro deux, Louis Aliot, estime qu'il est temps de mettre un terme "au théâtre" et de laisser place au débat.

"Nicolas Sarkozy est en campagne depuis cinq ans, c'est une étape supplémentaire. Ça va permettre au moins de lancer un véritable débat et de faire le bilan sur son action pendant cinq ans", a-t-il dit sur France 2.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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