Nicolas Sarkozy recrute Jean-Louis Borloo dans sa campagne

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NICOLAS SARKOZY RECRUTE JEAN-LOUIS BORLOO DANS SA CAMPAGNE
NICOLAS SARKOZY RECRUTE JEAN-LOUIS BORLOO DANS SA CAMPAGNE

par Emmanuel Jarry

VALENCIENNES, Nord (Reuters) - Nicolas Sarkozy a promis vendredi de reprendre dans son projet présidentiel des propositions de son ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, qui s'est pour sa part engagé à faire la campagne du président-candidat "à fond".

Le chef de l'Etat, qui brigue un second mandat, et le président du Parti radical se sont retrouvés sous un ciel radieux sur un chantier de rénovation urbaine, bénéficiaire du "plan Borloo" lancé en 2003.

Meurtri de n'avoir pas obtenu le poste de Premier ministre en novembre 2010, Jean-Louis Borloo avait quitté le gouvernement et pris ses distances avec Nicolas Sarkozy.

L'ancien ministre de l'Ecologie, qui a retrouvé son siège de député du Nord, a un temps caressé le projet de se présenter à l'élection présidentielle mais y a renoncé faute de soutiens suffisants de son camp - les centristes.

Il a obtenu le 10 mars du Parti radical qu'il soutienne le candidat Sarkozy à certaines conditions mais s'était jusque-là fait prier, comme d'ailleurs en 2007, pour participer à sa campagne - il était notamment absent du meeting géant de Villepinte, le 11 mars.

Le chef de l'Etat a cependant récusé le mot de retrouvailles - "On ne s'est jamais séparé, quand même !" a-t-il dit à des journalistes. "On a toujours été amis."

Après la visite du chantier au milieu d'une nuée de journalistes, les deux hommes ont pris le tramway, plusieurs bains de foule dans les rues de Valenciennes - dont Jean-Louis Borloo fut le maire - et rencontré des membres d'une association d'aide à la réinsertion dans un autre quartier rénové.

Bien que Nicolas Sarkozy soit donné battu au second tour dans tous les sondages par son adversaire socialiste, François Hollande, le président du Parti radical s'est dit optimiste quant aux chances de réélection du chef de l'Etat.

"Parce que ça va être la France forte et la France juste, la synthèse des deux", a-t-il dit. "L'un ne va pas sans l'autre."

Jean-Louis Borloo "a parfaitement raison", a dit Nicolas Sarkozy, dont le slogan de campagne est "La France forte", à l'issue d'un déjeuner dans un restaurant de la ville avec des responsables associatifs et des élus locaux.

"BANLIEUES APAISÉES"

"On est fort parce qu'on est juste. Il n'y a aucune contradiction, au contraire", a-t-il ajouté. "Jean-Louis m'apportera toute sa force, ses convictions, ses propositions et j'aurai l'occasion de faire d'autres propositions, dont certaines seront inspirées de ce que me propose Jean-Louis."

Dans un entretien publié vendredi par Le Figaro, Jean-Louis Borloo dit vouloir défendre cinq priorités: donner une deuxième chance aux familles surendettées "de bonne foi", soutenir les élèves en difficulté dans le primaire, aider les salariés précaires à accéder au logement, accueillir 150.000 apprentis dans la fonction publique et "aider les territoires fragiles par un Grenelle de la fiscalité locale".

"Vous allez m'entendre", a-t-il dit en marge de la visite de Nicolas Sarkozy à Valenciennes. "Je suis très heureux, je suis sans aucun état d'âme, je suis complètement engagé."

Au lendemain du dénouement de l'affaire du tueur au scooter de Toulouse et Montauban, qui s'est soldée par la mort de cet homme coupable de sept meurtres de sang froid et a amené Nicolas Sarkozy à suspendre sa campagne pendant trois jours, le chef de l'Etat avait bel et bien repris sa casquette de candidat.

"C'est une belle journée parce que depuis cinq-six jours, c'est la première fois qu'on peut être un peu détendu", a-t-il confié à des journalistes.

Malgré l'affaire de Toulouse, le président et son ancien ministre ont estimé que la France des banlieues et des quartiers sensibles était plus apaisée qu'elle ne l'était il y a dix ans lors du lancement du plan Borloo de rénovation urbaine - un plan de 43 milliards d'euros dont une trentaine aujourd'hui engagés.

"Les banlieues aujourd'hui sont apaisées parce qu'elles sentent, les habitants sentent qu'on s'occupent d'eux", a dit Nicolas Sarkozy. "Ça ne veut pas dire que tout est réglé", a-t-il cependant ajouté en réitérant sa promesse d'un deuxième plan de rénovation urbaine.

"Rien n'est parfait, il faut encore faire des efforts mais la société française est plus apaisée que jamais contrairement à un discours que j'entends et qui finit par m'énerver", a renchéri Jean-Louis Borloo.

Edité par Patrick Vignal

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  • tacleur le vendredi 23 mar 2012 à 18:37

    ca va nous couter cher en apéro.......

  • charleco le vendredi 23 mar 2012 à 18:20

    Vous imaginez : Sarko encore une fois Président et Borloo premier ministre! De quoi se flinguer, non?

  • papymujo le vendredi 23 mar 2012 à 17:07

    c'est un scoop?

  • 2445joye le vendredi 23 mar 2012 à 13:28

    Un des gros bons points à porter au bilan de Nicolas Sarkosy: il mous a épargné l'épreuve d'avoir ce clown comme Premier Ministre.

  • m91 le vendredi 23 mar 2012 à 12:50

    Voila s'il veut une place bien chaude a la tête d'une grande entreprise le minimum c'est qu'il s'engage a FOND !!!