Nicolas Sarkozy rameute les abstentionnistes du Sud-Est

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Nicolas Sarkozy rameute les abstentionnistes du Sud-Est
Nicolas Sarkozy rameute les abstentionnistes du Sud-Est

par Emmanuel Jarry

CHATEAURENARD, Bouches-du-Rhône (Reuters) - A six jours du second tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy est allé lundi rameuter les abstentionnistes dans deux départements qui ont voté massivement au premier pour la candidate du Front national, Marine Le Pen.

A Châteaurenard, bourgade des Bouches-du-Rhône de 14.000 habitants, dont une partie issue de l'immigration, la présidente du parti d'extrême droite est arrivée en deuxième position avec 29,86% des suffrages, juste derrière le chef de l'Etat (30,70%).

"Ici, il y a beaucoup de touristes de l'autre côté de la Méditerranée", glisse un sexagénaire au journaliste de passage en guise d'explication.

Nicolas Sarkozy, qui tenait une réunion publique en fin d'après midi à Avignon, dans le Vaucluse voisin - le département qui a le plus voté pour Marine Le Pen (27,03%) le 22 avril - tiendra jeudi son dernier grand meeting de campagne à Toulon, dans le Var. Encore un département du sud-est de la France où le FN a fait un score important (24,83%).

"C'est une région magnifique, un enjeu de la campagne", explique-t-il à la presse à son arrivée à Châteaurenard. "Et puis, dans cette région qui m'a toujours manifesté sa confiance, il y a des électeurs qui ont exprimé au premier tour leur vote pour le Front national."

"Ces électeurs, il faut les convaincre d'aller voter au deuxième tour et ils faut leur dire que si ils s'abstiennent, ils feront le jeu des socialistes", ajoute Nicolas Sarkozy.

L'électorat de Marine Le Pen, qui a recueilli 17,9% des suffrages le 22 avril au niveau national, constitue la principale réserve de voix du président candidat, que les sondages donnent battu dimanche prochain par son adversaire socialiste, François Hollande.

Il déambule de magasin en magasin dans le centre ville pendant une heure, dans un climat quelque peu tendu,

De brèves altercations opposent des jeunes d'origine nord-africaine, vite éloignés par des gendarmes, à des partisans du chef de l'Etat scandant "Nicolas !" ou "Sarkozy président !"

"On a juste crié 'Hollande' et ils ont voulu nous embarquer !" se plaint un de ces jeunes, retrouvé avec quelques autres à la terrasse du café Le Scala. A 18 ans, il a voté pour la première fois le 22 avril, pour François Hollande, dit-il.

Quelques injures sont échangées. Les gendarmes s'interposent. Un "bande de fachos" fuse.

Un autre homme, un peu plus âgé que le premier et marchant avec une béquille, s'indigne qu'on lui ait adressé la parole en arabe : "Pourquoi il me parle en arabe ? Moi, je suis Français, je suis né à Cavaillon !" crie-t-il.

"UN MOMENT HISTORIQUE"

"Les jeunes maghrébins sont mal vus, ici, pour tout, pour le sport, pour les études, on ne grimpe pas", déplore un troisième. "S'ils veulent m'envoyer ailleurs, je vais aller où ? Je suis né ici, je vis ici. Je suis obligé de voter pour Hollande."

Nicolas Sarkozy passe au large, sur l'autre trottoir, dissimulé par une foule de partisans qui forment une haie jusqu'à sa prochaine étape, un poste de la police municipale.

De la terrasse du Scala, les jeunes "beurs" s'égosillent : "Hollande ! Allez Hollande !"

Le président-candidat, tout à son bain de foule, ne les entend probablement pas et gagne la brasserie "Comptoir de l'ovalie", où l'attendent des commerçants de la ville.

Debout face à eux, un verre d'eau à la main, la voix coupée de temps en temps par une petite toux, Nicolas Sarkozy, promet de pérenniser le médiateur du crédit et de régionaliser le Fonds d'investissement stratégiques pour aider les PME. Mais il entonne surtout ce qui est désormais son leitmotiv.

"C'est un moment historique. Chacun d'entre vous est beaucoup plus important qu'il ne l'imagine. Il y a beaucoup d'agitation, beaucoup d'exaltation, il faut rester très calme, faire face à ce choix", commence-t-il.

"Ce qui est très important c'est que vous soyez le plus grand nombre possible à venir dimanche aux urnes et que vous expliquiez bien aux abstentionnistes que ceux qui ne votent pas laisseront les autres décider à leur place", ajoute-t-il.

Un thème qu'il reprendra à Avignon, après avoir déchaîné des applaudissement nourris en déclarant que parler d'immigration ne relève pas du racisme ou en réaffirmant son opposition au vote des étrangers et à la dépénalisation du cannabis.

"Dimanche prochain, ce ne sera pour personne un choix d'humeur mais un choix pour les cinq années qui viennent", lancera-t-il. "Si vous restez à la maison dimanche prochain , alors il faut bien savoir que vous aurez traité votre humeur mais que vous subirez pendant cinq ans l'absence de choix qui aura été la vôtre."

avec Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

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