Nicolas Sarkozy, président-candidat, sauveur de Petit-Couronne

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SARKOZY, PRÉSIDENT-CANDIDAT, SAUVEUR DE PETIT-COURONNE
SARKOZY, PRÉSIDENT-CANDIDAT, SAUVEUR DE PETIT-COURONNE

par Emmanuel Jarry

PETIT-COURONNE, Seine-Maritime (Reuters) -

Nicolas Sarkozy s'est de nouveau présenté vendredi en sauveur d'entreprises en difficultés sur le site de la raffinerie de Petroplus à Petit-Couronne, où il a poursuivi son duel à distance avec son rival socialiste François Hollande.

A l'entrée, une banderole proclame: "Usine à vendre". La raffinerie la plus ancienne de France - elle existe depuis 1929 - est en règlement judiciaire depuis le dépôt de bilan de sa maison-mère suisse Petroplus et à l'arrêt depuis début 2012.

Officiellement, Nicolas Sarkozy est là en président de la République et non en candidat à un second mandat.

"Le candidat définit des idées, fixe des projets, le président annonce des décisions", dit-il à des journalistes.

Le candidat, qui fait de nouveau campagne comme en 2007 sur le thème de la défense de la "France qui travaille", n'est cependant pas loin. Et personne n'est dupe.

"Evidemment, s'il se présentait comme candidat, ma place ne serait pas ici", dit le député socialiste de la circonscription, Laurent Fabius, qui a accouru à l'annonce de la visite du président sortant.

"On m'a posé la question, est-ce que M. Sarkozy est venu comme président ou comme candidat", dira l'ancien Premier ministre aux salariés de la raffinerie après le départ du chef de l'Etat. "Je réponds, comme spécialiste des promesses."

Nicolas Sarkozy est venu annoncer la signature d'un contrat avec Shell, qui donnera six mois de travail à l'usine et à ses 550 salariés en attendant qu'un repreneur "sérieux", si possible industriel, se présente.

"Je ne l'ai pas encore trouvé", admet-il lors d'apartés avec des salariés du site, qu'il visite au pas de charge avant de rencontrer les représentants du personnel.

"Je ne lâcherai pas l'affaire", promet le chef de l'Etat, qui s'engage également à revenir pour s'assurer du suivi du dossier. "Je pense qu'on peut y arriver."

Il prend à témoin les journalistes présents quand un salarié lui dit comme en écho à un de ses sujets préférés: "Nous, ce qu'on veut, c'est du travail, c'est pas de l'assistanat."

Le président-candidat défend au passage le financement d'une partie de la protection sociale par une hausse de 1,6 point de la TVA - une des dernières mesures de son quinquennat.

RÉUNION INTERMINISTÉRIELLE LUNDI

"Moi je souhaite qu'on reste une terre de production", explique-t-il. "C'est la raison pour laquelle je baisse les charges sur le travail pour que la compétitivité en France soit plus forte. Si on ne baisse pas les charges sur le travail, on continuera à faire raffiner ailleurs."

Fabrice Denoyelle, délégué CGT du personnel, fait le compte: Nicolas Sarkozy est le huitième candidat à la présidentielle à venir à Petit-Couronne, où l'a notamment précédé le favori des sondages, François Hollande.

Le candidat socialiste a pour sa part choisi de visiter ce vendredi un autre site menacé de fermeture: l'usine sidérurgique d'ArcelorMittal, en Moselle.

"Moi je ne m'occupe pas de François Hollande, je m'occupe du sort des ouvriers et des salariés qui me demandent de venir", dit Nicolas Sarkozy à des journalistes.

"Il va où il veut, il fait ce qu'il veut", ajoute-t-il. "François Hollande a raison, quand il promet de ne rien dire il ne dit rien. On est maintenant très habitué. On va finir par se demander s'il pense quelque chose, à force de ne rien dire."

Le chef de l'Etat vante pour sa part la reprise de l'usine de lingerie Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire) par un sous-traitant du groupe de luxe LVMH, pousse EDF à reprendre le fabricant de cellules photovoltaïques Photowatt.

Il a promis mardi de "tout faire" pour sauver l'usine de Florange, lors d'un déplacement en Charente-Maritime - en 2008, il s'était engagé à empêcher la fermeture d'un autre site du même groupe, à Gandrange, qui a finalement cessé ses activités.

Il précise qu'il aura encore des contacts, une fois rentré à Paris, sur le dossier Florange, et annonce la tenue lundi d'une réunion interministérielle sur la question de la sidérurgie, sous la présidence du Premier ministre, François Fillon.

Fabrice Denoyelle se montre sceptique.

"On espère qu'il ne joue pas avec nous", confie le délégué CGT, qui dit vouloir voter pour François Hollande. "Nicolas Sarkozy sauveur d'industrie ? Vous avez le droit d'y croire, moi je n'y crois pas."

Edité par Patrick Vignal

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