Nicolas Sarkozy poussé par les siens à prendre les rênes de l'UMP

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POUR HORTEFEUX, LE RETOUR DE SARKOZY EST UNE NÉCESSITÉ
POUR HORTEFEUX, LE RETOUR DE SARKOZY EST UNE NÉCESSITÉ

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les sarkozystes sont passés ouvertement à l'offensive mercredi pour tenter de ramener l'ancien président Nicolas Sarkozy à la tête d'une UMP en pleine crise, prélude à une candidature de leur champion à l'élection présidentielle de 2017.

Ils ont d'abord déclenché un tir de barrage en contestant la légitimité du triumvirat formé par les anciens Premiers ministres Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, chargé d'assurer l'intérim après la démission forcée de Jean-François Copé en raison de l'affaire Bygmalion.

Mercredi, l'ex-ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, suivi par une escouade de fidèles de Nicolas Sarkozy, a donné le signal de l'assaut en déclarant que le retour de son mentor et sa candidature à la présidence de l'UMP était une nécessité.

C'est "le seul dirigeant à avoir trouvé les mots, les gestes et les actes capables d'endiguer la progression du Front national", estime-t-il dans une interview publiée par Le Monde.

Face à la crise économique et sociale, aux difficultés de la majorité mais aussi à la "crise de l'opposition, tétanisée par la poussée du Front national", il juge que "le retour de Nicolas Sarkozy, qui était une possibilité, devient une nécessité".

"Je souhaite donc qu'il soit candidat à la présidence de l'UMP à l'automne. Nous avons besoin d'un chef, d'un projet et d'un cap", ajoute Brice Hortefeux, aujourd'hui député européen.

Avis partagé par Geoffroy Didier, jeune loup de l'UMP, le principal parti de la droite française et de l'opposition, pour qui "le devoir appelle Nicolas Sarkozy".

Une bataille décisive se jouera mardi prochain, lors du bureau de l'UMP qui doit formellement adouber la direction collégiale formée par les trois ex-Premier ministres jusqu'au congrès d'octobre et l'élection d'un nouveau président.

UN RETOUR ACCÉLÉRÉ ?

"Une direction provisoire (...) n'a pas à prendre de décisions définitives, que ce soit sur l'organisation interne du parti, les nominations ou la ligne politique", dit Brice Hortefeux. "Cela relèvera de la mission du futur président élu."

Il ne restera plus à Nicolas Sarkozy, s'il juge les circonstances favorables, qu'à sortir du bunker de la rue de Mirosménil où il s'est retranché depuis sa défaite de 2012, à quelques centaines de mètres du Palais de l'Elysée.

Le recul aux européennes de l'UMP, devancée par le Front national, et le séisme déclenché par les révélations sur un système de fausses factures visant à couvrir la dérive des frais de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 pourraient paradoxalement le convaincre de précipiter son retour, estiment des analystes.

"Mon sentiment est que cela oblige Sarkozy à prendre la présidence de l'UMP parce que sinon c'en est fini pour lui", explique à Reuters un dirigeant centriste.

Une perspective qui n'était semble-t-il pas celle envisagée initialement par l'ex-chef de l'Etat mais à laquelle ses amis s'efforcent désormais de donner consistance.

"Si Nicolas Sarkozy a une envie de retour sur la scène politique, c'est une opportunité à saisir", a ainsi dit sur France Inter le maire de Nice, Christian Estrosi, secrétaire général de l'Association des amis de l'ex-président.

Pour le sénateur UMP Roger Karoutchi le retour de Nicolas Sarkozy, "doit être plus rapide", tandis que Pierre Charon, lui aussi sénateur et ancien conseiller de l'ex-chef de l'Etat, juge le moment venu qu'il "se manifeste".

Même son ennemi intime, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, a jugé sur LCP que la prise en mains de l'UMP par Nicolas Sarkozy était "une des solutions possibles" puisqu'il est "un des très rares" à pouvoir rassembler la droite.

Brice Hortefeux balaie l'idée que l'affaire Bygmalion puisse y faire obstacle : "A chaque fois que son nom est cité, peu à peu la vérité apparaît et démontre que sa mise en cause n'était aucunement fondée".

ANTI-PRIMAIRES

Non contents de contester la légitimité du triumvirat, qui compte deux rivaux potentiels de l'ex-chef de l'Etat, Alain Juppé et François Fillon, les sarkozystes s'emploient aussi à saper le principe de primaires pour désigner le candidat du principal parti de la droite française et de l'opposition.

Ils estiment que l'ancien chef de l'Etat n'a pas à en passer par là, favori qu'il est, selon eux, des sympathisants de l'UMP.

"Une primaire est utile lorsqu'il y a incertitude. Elle devient inutile lorsqu'un choix s'impose naturellement car elle encourage des combats stériles", souligne Brice Hortefeux.

Il s'oppose au demeurant à l'idée d'Alain Juppé d'interdire au futur président de l'UMP de se présenter à cette primaire : "Pourquoi celui qui aurait la responsabilité de notre famille n'aurait pas le droit de nous conduire à la présidentielle ?"

La stratégie des sarkozystes laisse cependant pour le moins dubitatifs les autres dirigeants de l'UMP.

"J'ai un peu de mal à comprendre tout ça", avoue le député Lionnel Tardy, tandis que son collègue Pierre Lellouche se demande si "c'est la solution pour l'avenir".

Pour le député Hervé Mariton, si l'UMP veut l'emporter en 2017, la désignation du futur candidat ne doit en tout cas pas relever d'un "argument d'autorité".

Quant à l'ex-ministre Xavier Bertrand, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, il a proposé sur i

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  • q2lamrd le mercredi 4 juin 2014 à 20:16

    et hop on sort le nain du chapeau! c pour faire peur ou quoi?

  • 300CH le mercredi 4 juin 2014 à 19:45

    Aller hiche Paul Bismuth

  • sarestal le mercredi 4 juin 2014 à 19:10

    Pourquoi ressortir les mauvaises recettes.Sarko est grillé auprès des français.

  • scred le mercredi 4 juin 2014 à 16:39

    apres avoir laché sa chienne morano il lache le chien hortefeux

  • lm123457 le mercredi 4 juin 2014 à 15:00

    oui à xaavidf. Qu'il aille se faire cuire un oeuf. Je suis persuadée qu'il est malhonnête. Qu'il attende ses casseroles. Et qu'on en fasse venir d'autres (Wauquiez, Lemaire, Apparu, ...).

  • xaavidf le mercredi 4 juin 2014 à 14:11

    Un chef, bon ok...mais pour le projet et le cap, à part MOI MOI MOI, je vois pas trop. Sinon, il va être difficle de faire croire que Sarkozy au minimum ne s'est pas aperçu qu'il dépensait un peu trop d'argent, au maximum il a organisé ce système de fausse facture.

  • M1765517 le mercredi 4 juin 2014 à 14:08

    voici bien un parti fini, sarko on lui a déjà tant donné !

  • M3121282 le mercredi 4 juin 2014 à 13:14

    tant qu'il aboie, il ne mord pas...

  • M3121282 le mercredi 4 juin 2014 à 13:12

    bla bla bla...