Nicolas Sarkozy n'exige pas de changement de traité pour la BCE

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NICOLAS SARKOZY N'EXIGE PAS DE CHANGEMENT DE TRAITÉ POUR LA BCE
NICOLAS SARKOZY N'EXIGE PAS DE CHANGEMENT DE TRAITÉ POUR LA BCE

PARIS (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) peut jouer un rôle plus important dans le soutien à la croissance économique sans changer les traités, a dit mardi Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, avait déclaré dimanche, lors de son meeting sur la place de la Concorde, à Paris, vouloir ouvrir en Europe un débat sur le rôle de la BCE, idée également avancée par son rival socialiste pour l'élection présidentielle, François Hollande.

Nicolas Sarkozy, dont les propos ont provoqué lundi un rappel à l'ordre du gouvernement allemand, qui a insisté sur l'indépendance de la BCE, a précisé mardi qu'il n'exigeait pas une modification des statuts de l'Institut de Francfort.

"Il n'est pas possible que la Banque centrale (européenne) ne participe pas au soutien à la croissance, comme toutes les banques centrales dans le monde", a dit le président français sur France Inter. Mais "faire que la BCE soutienne la croissance ne nécessite pas un changement des traités européens."

Il a estimé que le moyen d'arriver à faire jouer ce rôle à la BCE était d'en convaincre les 27 pays membres de l'Union européenne - "Il faut l'unanimité", a-t-il dit.

Mais la clef, pour obtenir cette unanimité, est que la France montre sa détermination à faire les efforts nécessaires pour redresser ses propres finances publiques, a-t-il ajouté.

"Pour avoir l'unanimité il ne faut surtout pas donner le sentiment que la France refuse de faire des efforts pour réduire son déficit", a expliqué Nicolas Sarkozy.

Ce dernier défend depuis 2007 l'idée que la BCE ne doit pas se cantonner à son rôle de garante de la stabilité des prix dans la zone euro, sur le modèle de la Bundesbank allemande, et l'Allemagne y est très attachée.

PAS DE MODIFICATION DES STATUTS

Mais Nicolas Sarkozy l'avait mise en sourdine depuis le début de la crise de la dette souveraine dans la zone euro pour ne pas indisposer Berlin et préserver la co-gestion de cette crise par l'Allemagne d'Angela Merkel et la France.

Son entourage précise qu'il ne s'agit ni de modifier les statuts de la BCE, "parce que ça n'a aucune chance d'aboutir", ni de lui donner des "instructions" mais d'ouvrir avec elle un "dialogue" élargi, notamment sur une politique de change plus favorable aux exportations européennes.

"Ce qu'on veut, c'est qu'on ait un dialogue entre le gouvernement économique et la BCE sur toutes les questions importantes et en particulier la politique de change", explique-t-on de même source. "Il faut pouvoir discuter avec elle de la possibilité d'avoir un taux de change plus attractif de l'euro pour dynamiser les exportations européennes."

Pour Nicolas Sarkozy, ce dialogue est une condition de l'indépendance de la BCE, pour laquelle la stabilité des prix est la condition première de la croissance dans la zone euro.

"C'est justement parce qu'on est indépendant qu'on doit dialoguer. Ce qui ne va pas c'est cette idée folle qui consiste à dire que parce que la banque centrale est indépendante, on n'a pas le droit de parler", a-t-il dit.

Il a également estimé que la baisse de l'euro était une "bonne nouvelle" : "Chaque fois que l'euro perd un centime (par rapport au dollar) c'est un milliard de plus dans la compétitivité pour Airbus", a-t-il déclaré.

Dans son projet présidentiel, François Hollande annonce qu'il proposera aux Européens "un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance pour sortir de la crise".

Il compte y parvenir via une renégociation du traité européen conclu en décembre dernier "en privilégiant la croissance et l'emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction."

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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  • CDECHAMB le mardi 17 avr 2012 à 11:48

    Bah oui ils sont deux ! il a changé voyons !

  • M3101717 le mardi 17 avr 2012 à 11:19

    Monsieur le président, il faudrait savoir ce que vous voulez ! Ou Monsieur le candidat...