Nicolas Sarkozy n'exclut pas un vote blanc en cas de duel PS-FN

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Nicolas Sarkozy n'exclut pas un vote blanc en cas de duel PS-FN
Nicolas Sarkozy n'exclut pas un vote blanc en cas de duel PS-FN

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy n'a pas exclu jeudi soir que les électeurs UMP soient invités à voter blanc ou à s'abstenir en cas de duels Front National-Parti socialiste lors des élections législatives de juin prochain, en fonction de la personnalité du candidat PS.

Invité de France 2, le chef de l'Etat, qui brigue un second mandat, a réaffirmé qu'il n'y aurait ni alliance, ni accord de désistement avec le parti d'extrême droite, dont la candidate, Marine Le Pen, a recueilli 17,9% des suffrages au premier tour de la présidentielle, dimanche dernier.

"La position sera très simple", a-t-il dit : "Nos candidats se maintiendront partout et je souhaite que nos électeurs votent pour des candidats qui défendront mon projet."

Pour se maintenir dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, un candidat doit recueillir les suffrages de l'équivalent de 12,5% des inscrits.

Dans le cas où le candidat UMP ne pourrait pas se maintenir, Nicolas Sarkozy a déclaré que la décision dépendrait, au cas par cas, de la personnalité du candidat PS.

"Si la situation se présentait, à ce moment-là nous verrions la qualité du candidat socialiste cas par cas et nous déciderions à ce moment-là l'abstention ou le vote blanc", a précisé le président sortant.

Il a cependant souligné que faire voter pour un candidat comme l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard ne lui poserait "absolument aucun problème".

Il a également réaffirmé qu'il n'était pas question, s'il était réélu, de nommer des ministres issus du FN.

L'électorat du parti d'extrême droite constitue la principale réserve de voix du président-candidat, qui a été devancé au premier tour de la présidentielle par le socialiste François Hollande.

PERPÉTUITÉ RÉELLE

Donné par les sondages battu au second tour, le 6 mai, Nicolas Sarkozy multiplie les appels du pied à ces électeurs (voir et ).

Après s'être prononcé pour l'instauration d'une "présomption de légitime défense" pour les policiers - une proposition de Marine Le Pen - il a déclaré jeudi soir ne pas être "choqué" par une autre mesure souhaitée par la présidente du FN : la peine de prison perpétuelle "réelle" pour certains crimes.

"Ça ne me choque pas (...) puisque moi-même j'ai voulu (...) la rétention de sûreté" (pour les auteurs des crimes sexuels les plus graves), a-t-il déclaré.

"Parce que Mme Le Pen dit un fauve, un monstre doit rester en prison pour protéger la société, je devrais donc dire c'est faux, me boucher le nez, parce que c'est elle qui le dit ? C'est le contraire de la démocratie", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a en revanche dit être opposé au concept de préférence nationale, rebaptisée "priorité nationale" par le FN, notamment pour l'emploi.

"Je ne suis pas d'accord, je suis pour la préférence communautaire, parce qu'il y a un projet européen, je ne suis pas pour cela", a-t-il dit. "Parce que j'estime que les personnes étrangères que nous accueillons en France, nous devons les accueillir à égalité de droit et de devoir, même si je suis totalement opposé au droit de vote pour les immigrés."

"Donc la préférence nationale je ne la retiens pas comme telle, en tout cas telle que la présente Mme Le Pen", a-t-il ajouté. "Et c'est la raison pour laquelle je souhaite diviser par deux le nombre des étrangers que nous accueillerons dans les cinq années qui viennent, parce que je souhaite qu'on les accueille de façon républicaine."

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

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