Nicolas Sarkozy n'exclut pas un référendum réclamé par Bayrou

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Nicolas Sarkozy n'exclut pas un référendum réclamé par Bayrou
Nicolas Sarkozy n'exclut pas un référendum réclamé par Bayrou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy n'exclut pas un référendum sur des mesures de moralisation de la vie publique et réaffirme son intention d'en organiser un, le cas échéant, pour inscrire une règle d'or de bonne discipline budgétaire dans la Constitution française.

Le président sortant donne ces assurances dans sa réponse, publiée vendredi soir, à la lettre adressée par François Bayrou aux deux candidats en lice pour le deuxième tour de la présidentielle. Le dirigeant du MoDem réclamait dans sa missive des "mesures crédibles" pour le redressement financier de la France.

Le candidat socialiste François Hollande a indiqué de son côté qu'il avait lui aussi répondu au dirigeant centriste, qui a indiqué qu'il prendrait ses "responsabilités" en vue du second tour à la lecture des réponses à sa lettre et à l'écoute des discours des deux finalistes d'ici au 6 mai.

"Si les Français m'accordent leurs suffrages, je vous confirme mon intention d'inscrire dans notre Constitution une règle d'or qui empêchera les générations actuelles de s'endetter sur le dos des générations futures", écrit Nicolas Sarkozy.

"Comme vous le savez, j'ai déjà soumis ce texte au Parlement, mais les résultats du scrutin ne m'ont pas permis de pouvoir convoquer le Congrès à fin d'adoption de cette règle. Cette situation devrait-elle se produire à nouveau après l'élection présidentielle, je soumettrai alors au référendum l'adoption de la règle d'or."

Il confirme en outre sa volonté de ramener les finances publiques de la France à l'équilibre en 2016 et reproche au passage à son adversaire socialiste de ne proposer dans son projet "aucune mesure de réduction des dépenses".

Alors que François Bayrou estime dans sa lettre que les projets de François Hollande comme de Nicolas Sarkozy sont "insoutenables économiquement" du fait d'hypothèses trop optimistes, il répond que si sa prévision de croissance, "crédible et raisonnable", devait s'avérer plus faible que prévu, il a veillé "à ce que le budget de l'Etat comporte une réserve de six milliards d'euros par an."

TVA ANTIDÉLOCALISATIONS

Avec le redressement des finances de la France, une des autres priorités du président du MoDem est la lutte pour le maintien de la production en France.

Nicolas Sarkozy y répond par les propositions de son projet pour faire baisser le coût du travail, via la "TVA antidélocalisations" qui doit permettre aussi de préserver la protection sociale, et développer la formation des salariés.

S'agissant de la démocratie sociale, autre sujet cher à François Bayrou, il dit son opposition à sa proposition de nommer trois représentants des salariés avec droit de vote dans les conseils d'administration des grandes entreprises, estimant que "l'entreprise appartenant aux actionnaires, ceux-ci doivent pouvoir en assumer la direction avec la plénitude des pouvoirs".

Mais il rappelle les mesures qu'il propose pour encadrer la rémunération des dirigeants, en particulier la présence de salariés dans les comités des rémunérations.

Nicolas Sarkozy déclare encore partager l'analyse de François Bayrou sur la "crise de l'éducation" et insiste sur toutes les propositions qu'il avance sur le sujet, comme le renforcement de l'encadrement des élèves dans le primaire.

En matière institutionnelle, il indique que son projet d'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives répond au souhait de François Bayrou et recense les mesures qu'il a mises en oeuvre pour réformer les institutions, avec entre autres le renforcement des pouvoirs du Parlement, la question prioritaire de constitutionnalité.

Si le dirigeant du MoDem souhaite un référendum sur la moralisation de la vie publique, Nicolas Sarkozy souligne que le Parlement est parvenu à légiférer sur le sujet ces dernières années et qu'une telle consultation "peut difficilement être organisé sur un trop grand nombre de mesures".

"Toutefois, et sous cette réserve, s'il venait à y avoir un blocage sur ce sujet, je suis tout à fait disposé à saisir les Français par référendum des propositions que vous avez formulées", indique-t-il.

Yann Le Guernigou, édité par Jean-Loup Fiévet

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  • g.f.44 le vendredi 27 avr 2012 à 22:44

    Tiens un référendum de plus en prévision. Que ne s'est-il inquiété plus tôt des souhaits du bon peuple qu'il a souverainement ignoré.