Nicolas Sarkozy lance un appel aux électeurs de François Bayrou

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NICOLAS SARKOZY LANCE UN APPEL AUX ÉLECTEURS DE FRANÇOIS BAYROU
NICOLAS SARKOZY LANCE UN APPEL AUX ÉLECTEURS DE FRANÇOIS BAYROU

CAEN, Calvados (Reuters) - Nicolas Sarkozy a lancé vendredi un appel au soutien des électeurs de François Bayrou en même temps qu'il réaffirmait, à ceux qui seraient tentés de voter Front national, qu'ils feraient le jeu de la gauche.

En meeting à Caen, le président-candidat a une nouvelle fois concentré ses attaques sur les seuls socialistes et leur candidat, François Hollande, accusés d'avoir un programme qui conduirait la France à la faillite.

Il s'est adressé également aux défenseurs de l'environnement en déclarant qu'il ne mettrait "jamais les Français en demeure de choisir entre la protection de l'environnement et la croissance".

"Je veux les deux pour les Français, la protection de l'environnement et la croissance, ça s'appelle le développement durable", a-t-il dit.

Joignant le geste à la parole, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il s'opposerait à la reprise de forages pétroliers en Méditerranée, au large des calanques de Marseille,

tout comme il a interdit l'installation d'éoliennes dans la baie du Mont-Saint-Michel ou l'exploitation du gaz de schiste dans les Cévennes.

"Jamais je ne vous demanderai de faire le choix entre le développement économique de votre région et le sacrifice de l'environnement auquel vous êtes attachés", a-t-il indiqué.

Mais il a aussi dit son refus d'une écologie "qui tournerait le dos au progrès (...) qui prônerait l'idéologie de la décroissance parce c'est l'idéologie de la pauvreté et de la misère".

Il a dans la foulée de nouveau accusé les socialistes de vouloir mettre fin au consensus français sur le nucléaire en réduisant sa part dans la production d'électricité.

Il a reproché à François Hollande d'être dans cette affaire l'otage des verts et de leur candidate Eva Joly et de devenir aujourd'hui celui du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui a le vent en poupe dans les sondages.

VOTE DE CONVICTION

"Quand on n'a pas le courage de dire non, on est l'otage de tous ceux qui vous demandent des choses et, comme on ne dit pas non au début, ils vous en demandent de plus en plus (...) A Mme Joly, M. Hollande a cédé 24 réacteurs nucléaires pour 2% des voix. On se demande quel sera le prix pour les voix de M. Mélenchon qui pèse six fois plus", a-t-il ironisé.

"La vérité, c'est que j'attends pour la semaine prochaine l'interdiction des licenciements. Il y a encore deux semaines (avant le premier tour), ils ont donc deux idées : la dernière ça sera l'interdiction des délocalisations!".

S'adressant aux déçus du sarkozysme tentés de céder aux sirènes de Marine Le Pen, il a déclaré que "le vote pour le Front national accroîtra vos souffrances, ne résoudra aucun des problèmes dont vous voulez la solution". "Chaque voix donnée au Front national, c'est une voix qui profitera à la gauche !".

Mais il a aussi interpellé les électeurs du président du MoDem François Bayrou, dont il aura besoin des voix au deuxième tour, en soulignant qu'ils avaient plus en commun avec lui, sur des sujets comme l'Europe, les valeurs de la République et l'équilibre des comptes publics, qu'avec les autres candidats.

"Électeurs du centre, qu'avez vous de commun avec Jean-Luc Mélenchon, qu'avez vous de commun avec ceux qui prônent la haine, le déficit, qui nient toutes les réalités de la vie (...) Il y a des choses qui nous séparent, parlons-en", a-t-il déclaré, avant de les inviter à faire "abstraction de ce que furent vos votes dans les années passées".

"Ce n'est pas un vote d'habitude que je vous demande mais un vote de conviction (...) libérez-vous de toute attache partisane, ne pensez qu'à une seule chose, l'intérêt de notre pays, l'intérêt général de la France".

Nicolas Sarkozy a conclu son discours par un appel à venir le 15 avril, pour son grand meeting de la place de la Concorde à Paris, "le plus nombreux possible pour que la majorité silencieuse ne soit plus jamais silencieuse".

Charles Platiau, avec Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Gérard Bon

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