Nicolas Sarkozy lance son appel de Toulon pour le 6 mai

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Nicolas Sarkozy lance son appel de Toulon pour le 6 mai
Nicolas Sarkozy lance son appel de Toulon pour le 6 mai

par Yann Le Guernigou

TOULON, Var (Reuters) - Nicolas Sarkozy a lancé jeudi son "appel de Toulon" au peuple de France pour qu'il se mobilise dans les urnes et évite dimanche le retour au pouvoir d'une gauche "qui a abîmé la République".

Pour son dernier grand meeting de campagne, au lendemain d'un débat télévisé où il n'a pas réussi à déstabiliser son adversaire socialiste François Hollande, le président-candidat a estimé que, dans le climat de crise économique qui persiste, "ce n'est pas le moment de tenter des expériences folles."

Il avait choisi de s'exprimer à Toulon, terre de droite mais aussi l'une des quatre villes de France gérées dans le passé par le Front national, dont il tente de séduire les 17,9% d'électeurs du premier tour. A l'heure où il tenait meeting, il ne connaissait pas encore la décision du dirigeant centriste François Bayrou de voter pour son concurrent.

Si les Toulonnais ont de nouveau placé Nicolas Sarkozy en tête le 22 avril, il a accusé, avec 32,21% des suffrages, un recul de près de six points par rapport à 2007 dans la ville pendant que Marine Le Pen, la candidate du FN, en gagnait dix.

Face à plusieurs milliers de personnes réunies au Zénith de Toulon, il a prononcé une longue tirade pour la défense de la République et de ses valeurs, un thème qui trouve un écho certain dans la frange la plus conservatrice de son électorat.

Elle a été l'occasion de pilonner la gauche, accusée d'abîmer la République par son "laxisme" face au communautarisme, à la délinquance, à l'immigration légale, sa "dévalorisation du travail" et son refus de l'autorité.

"Quand l'autorité de toutes les institutions est contestée, quand l'Etat est abaissé, quand les frontières sont effacées, ce n'est pas la République, c'est le système socialiste", a-t-il dit.

S'en prenant à François Hollande, dans le prolongement de leur duel télévisé de jeudi soir, il a dénoncé sa conception du rôle moins omniprésent du président de la République, "qui ne prend aucune responsabilité".

RETOUR À LA IVe RÉPUBLIQUE

"Il veut bien présider, il ne veut pas gouverner. C'est trop risqué", a-t-il déclaré en l'accusant de rêver d'un retour de la IVe République.

Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de rappeler que c'est à Toulon qu'il prononça en septembre 2008 son grand discours sur la crise née de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers pour dénoncer les dérives du capitalisme financier.

C'est dans la préfecture du Var qu'il est revenu en décembre dernier pour un autre discours, cette fois sur la crise de la zone euro. Evoquant la volonté de François Hollande de renégocier l'accord européen conclu pour y mettre fin, il a brandi le risque d'une réouverture de la "crise de confiance" s'il parvenait à ses fins.

"Ce serait une folie. Personne ne l'acceptera. Personne ne le fera. Ceux qui disent le contraire sont des irresponsables ou des menteurs", a-t-il indiqué.

Nicolas Sarkozy avait terminé son discours quand le président du MoDem François Bayrou a annoncé qu'il voterait François Hollande dimanche en reprochant au président sortant sa "course-poursuite" avec le Front national (pour rattraper son retard sur son rival socialiste).

Jeudi soir, il a une nouvelle fois bénéficié du soutien de Bernadette Chirac, l'épouse de son prédécesseur, qui l'a précédé à la tribune pour déclarer que les lignes avaient bougé depuis le premier tour et que la victoire était "désormais possible".

Il a achevé son intervention par un ultime appel à ses troupes avant la fin, vendredi soir, de la campagne officielle.

"Il reste un jour, un jour pour convaincre, un jour, je vous le promets, pour la plus belle victoire qui soit, celle que vous avez méritée, celle que nous serons allés chercher, celle qu'on aura refusé de nous donner et celle que nous aurons imposée!"

Edité par Yves Clarisse

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  • xDamx le vendredi 4 mai 2012 à 00:10

    Pour information aux gens de Reuters qui écrivent et éditent l'article, « leur duel télévisé de jeudi soir » a eu lieu mercredi soir.

  • CDECHAMB le jeudi 3 mai 2012 à 22:16

    Il ne connait meme pas la Constitution ! C'est le 1er ministre qui gouverne ce n'est pas le Président !

  • baljo le jeudi 3 mai 2012 à 21:45

    Au fait le contraire de quoi? ha! oui le contraire de ce qu'il dit.Décidément il n'y a rien à en tirer.

  • baljo le jeudi 3 mai 2012 à 21:43

    Ceux qui disent le contraire sont des irresponsables ou des menteurs.